AA/Le Caire/Hajer Dessouki
Un responsable onusien s’est dit « préoccupé » par les procès d’opinion en Egypte, dont le dernier en date est celui d’une militante politique condamnée à deux ans de prison pour « violation de la loi sur les attroupements et les manifestations ».
« Nous sommes convaincus que la liberté de réunion et de manifestation est un droit garanti pour tous et que nul ne doit être poursuivi pour son appartenance politique », a déclaré à Anadolu Faraj Fennich, directeur de la Région MENA du Haut Commissariat aux Droits de l’homme des Nations Unies.
« Le jugement prononcé contre la militante égyptienne Mahinou Masri suscite notre profonde préoccupation », a-t-il regretté, affirmant que « le haut commissariat suit avec toute l’attention requise l’affaire de la militante égyptienne et du correspondant de la chaîne Al-Jazeera Tarek Al Chami, en grève de la faim depuis 124 jours ».
L'avocate et opposante Mahinour Masri, ainsi que 12 autres personnes, ont été arrêtées le 29 mars dernier dans le cadre d'un sit-in organisé par des avocats devant un poste de police d'Alexandrie.
Les chefs d’accusation portées contre elle sont « l’insulte envers des employés du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions, envers des représentants des autorités, et pour tentative d'effraction dans un poste de police ».
Des organisations non gouvernementales opérant dans le domaine des droits de l’homme, dont Amnesty International, estiment que l'arrestation de Mahinour Masri et les charges retenues contre elles sont « montées de toutes pièces » et « fondées sur des motifs politiques, en raison de ses activités d'opposante politique, et de son travail visant à dévoiler les violations des droits humains et défendre les victimes ».
La loi sur les manifestations et les attroupements en Egypte suscite une vive polémique. Ces détracteurs la juge « liberticide et attentatoire aux droits et aux libertés », alors que ses défenseurs la considère comme étant " un simple texte de loi qui vient organiser la liberté de manifestation et non pour la limiter ou la restreindre ».
La loi en question incombe à la charge des organisateurs des manifestations l’obligation d’obtenir une autorisation délivrée par le ministère de l’Intérieur. Tout contrevenant à ladite loi est passible d’une peine de prison assortie d’une amende.
Plusieurs militants politiques ont été incarcérés en application de cette loi, notamment Ahmed Maher, fondateur du mouvement 6 avril, un des principaux acteurs ayant contribué à la révolution du 25 janvier 2011.