AA/Blantyre (Malawi)/ Moses Michael-Phiri
La présidente du Malawi, Joyce Banda, a annulé, samedi, les élections générales du pays, en cours de comptage, et ordonné un nouveau scrutin dans 90 jours.
S’adressant aux journalistes lors d’une conférence dans la capitale de Lilongwe, Banda a ordonné à la Commission électorale (MEC) d’arrêter l’opération de comptage des votes, citant la Section 88 (2) de la Constitution.
La présidente malawite a déclaré que les élections du 20 mai étaient « inéquitables » et entachées d’« irrégularités », et que de nouvelles élections seront tenues dans 90 jours, assurant qu’elle ne contesterait pas le prochain scrutin.
La Section 88 (2) de la Constitution malawite établit que le président doit assurer une direction exécutive dans l’intérêt de l’unité nationale conformément à la Constitution et aux lois.
Les Malawites se sont rendus aux urnes, mardi, pour élire un nouveau président, 193 membres de l’Assemblée nationale et 400 conseillers d’arrondissements.
Douze candidats se sont présentés à l’élection présidentielle malawite de 2014, dont l’actuelle chef d’Etat Banda, Atupele Muluzi du parti politique du Front uni démocratique (UDF), Peter Mutharika du Parti démocratique progressiste (DPP) et Lazarus Chakwera du Parti du Congrès du Malawi (MCP).
Mercredi, Banda avait affirmé que les élections avaient été « truquées », exhortant la Commission électorale à recompter manuellement les votes.
Aucun résultat n’a encore été officiellement annoncé. Cependant quelques stations de radio ont rapporté des résultats préliminaires des votes, en cours de comptage, de certains districts, plaçant Mutharika en tête, suivi par Chakwera.
Le directeur du Barreau du Malawi, Mandala Mambulasa, a protesté que présidente Banda n’avait pas le droit d’annuler les élections.
« La présidente n’a pas le mandat d’annuler l’élection » a affirmé Mambulasa à l’Agence Anadolu.
« Seule, la MEC [Commission électorale du Malawi] en a le mandat. Je n’incite les Malawites qu’à garder leur calme ; nous avons également engagé des avocats pour examiner cette question afin qu’il n’y ait aucune raison pour le peuple de paniquer » a ajouté directeur du Barreau du Malawi.