AA/Tunis/Nadia Chahed
«Le comportement de l’ISIE face aux dépassements durant la campagne électorale, son silence face à des questions essentielles pour l’aboutissement du processus démocratique et l’impossibilité vendredi, pour de nombreux Tunisiens de l’étranger de voter, sont autant de points d'interrogation qui ne rassurent guère » a déclaré samedi, Achraf Aaouadi président de l’ONG, "I Watch" ( Je suis vigilent).
L’ONG, spécialisée dans le contrôle de la corruption financière et administrative, a organisé samedi, décrété jour de silence électoral, une conférence de presse pour présenter son rapport sur la mission d’observation conduite par ses membres durant la période pré-électorale.
Le rapport soulève des points qui ont, selon "I Watch", influencé d’une manière ou d’une autre la préparation du scrutin et qui peuvent influencer son aboutissement.
« le retard enregistré au niveau de la formation de l’ISIE et du choix de ses membres peut expliquer en partie le rendement fluctuant de l’Instance dont le principal mérite demeure celui d’avoir réussi à organiser des élections en un temps record » relève le rapport.
Le président de "I watch" estime cependant que l'ISIE: "ne respecte pas les règles de la transparence puisqu’elle ne publie pas les procès verbaux de ses réunions et omet de communiquer les critères observés pour le choix de ses employés et de ses agent, conformément à la loi».
Sur la question de la transparence, Aaouadi cite, notamment, les quelques 4000 infractions que l’ISIE dit avoir relevées durant la période de campagne électorale sans donner de précision sur la nature des dépassements, " ce qui ne peut que susciter des interrogations", selon lui.
«Les signatures de parrainage falsifiées» est considérée comme la plus grande des infractions relevés en cette période électorale face à laquelle «l’ISIE ne s’est pas montrée aussi intransigeante qu’elle aurait dû l’être» a noté le président d’ "I Watch" qui ajoute « l’ISIE n' a pas su garantir la transparence et l’authenticité de ces signatures laissant ainsi la porte ouverte aux dépassements».
Concernant le financement des campagnes électorales et l’argent suspect en politique, le président d’ "I Watch" relève que :«le législateur tunisien n’a pas prévu des lois appropriées pour contrôler cet argent et punir ceux qui l’utilisent».
Aouadi a affirmé à ce sujet : «Nous sommes certains que des voix s’achètent en Tunisie» en soulignant cependant «nous n'avons pas pu trouver des preuves tangibles pour prouver cela».
Selon Aouadi «Les instittutions publiques chargées du contrôle du financement des campagnes et notamment la cour des comptes auront elles aussi, des difficultés à établir des preuves sur certaines de ces pratiques».