AA / Tunis / Correspondants
La journée de l’élection d’un nouveau président en Tunisie n’a pas été une journée ordinaire dans la vie des Tunisiens. Cette journée a été marquée par de multiples situations et des anecdotes qui resteront gravées dans les esprits et ancrés dans l’histoire.
A Tunis, l’image de ce jeune handicapé moteur, qui en dépit de son infirmité, a tenu à se diriger au bureau de vote pour contribuer, autant qu'il le peut, à décider de l’avenir de son peuple et du sien. Il a du «ramper» entre l’isoloir et la table sur laquelle était posée l’urne pour pouvoir glisser son bulletin de vote.
Un dénominateur commun unit cet handicapé moteur et le non-voyant qui a insisté en dépit de son état pour sortir et exprimer sa voix. Arborant un sourire qui ne le quittait pas, il a, cependant, fait part de sa déception à cause de l’absence des jeunes de l’opération électorale et de leur désaffection en une pareille journée historique.
Un autre homme, la soixantaine, les traits tirés et exténué, conduisait un vélo qui était chargé de pain rassis qu’il compte vendre, à un prix dérisoire, aux éleveurs d’animaux. Il a confié à Anadolu qu’il «avait été le premier à voter dans son bureau et que l’opération électorale comptait énormément à ses yeux ».
« Elle est même plus importante que mon travail », a-t-il dit.
Dans la province de Bizerte (Nord), les douleurs de l’accouchement n’ont pas empêché une citoyenne tunisienne d’accomplir son devoir électoral, puis de se diriger immédiatement à l’hôpital pour donner naissance à son enfant.
Sachant qu’elle risquait d’accoucher à tout moment, cette dame a tenu à aller voter malgré les contractions, elle a lancé : «J’accoucherai aujourd’hui et la Tunisie naîtra aujourd’hui de nouveau de ses cendres ».