Yosra Ouanes
25 Septembre 2021•Mise à jour: 26 Septembre 2021
AA / Tunisie
Invoquant les "mauvais choix politiques de sa direction", 113 membres du mouvement tunisien Ennahdha ont annoncé leur démission, ce samedi.
C’est ce qui ressort d’un communiqué conjoint, signé par les 113 membres, qui comptent parmi eux d'anciens dirigeants, ministres et députés du mouvement, et publié sur Facebook, et sur la page de l'ancien ministre de la Santé Abdellatif Mekki.
Le communiqué a indiqué que “les mauvais choix politiques de la direction du mouvement Ennahdha ont conduit à son isolement et à son échec à s'engager activement dans un quelconque front commun pour résister au danger autoritaire imminent, représenté par les décisions du 22 septembre (les décisions du président Kaïs Saïed )."
Parmi les démissions, figurent celles de l'ancien ministre de la Santé Abdellatif Mekki, de l'ancien ministre de l'Agriculture, Mohamed Ben Salem, du leader Samir Dilou et de la députée Jamila Ksiksi.
Les démissionnaires ont attribué leur décision à “la perturbation de la démocratie interne du mouvement et à la prise de décision unilatérale par un groupe de loyalistes envers son président, qui ont entraîné des décisions erronées et des choix qui ont conduit à des alliances politiques sans logique ni intérêt en contradiction avec les promesses faites aux électeurs“.
Ils ont aussi affirmé qu'ils “ont donné la priorité à leur engagement national pour la défense de la démocratie, pour laquelle des générations de militantes et militants se sont sacrifiées et pour laquelle des centaines sont tombés en martyrs lors de la révolution, et à se libérer des contraintes royalistes imposées aux affiliés du mouvement Ennahdha“.
Le communiqué a considéré que les "décisions inconstitutionnelles (..) de Saïed n'auraient pas été bien accueillies par de larges segments de la population n'eût été l'image dégradée qui a affecté le Parlement en raison des déviations et du populisme de certains de ses membres et en raison de la direction ratée de son président (Rached Ghannouchi)".
Kaïs Saeïd a décidé, dans la journée du mercredi, d'abolir l'organe de contrôle de la constitutionnalité des lois, de promulguer des lois par décrets présidentiels et d'assumer le pouvoir exécutif avec l'aide d'un gouvernement, selon un communiqué de la présidence et selon ce qui a été publié par le Journal officiel de la République tunisienne (JORT).
Depuis le 25 juillet dernier, la Tunisie traverse une grave crise politique, avec la décision de Kaïs Saïed de geler les pouvoirs du Parlement, de lever l'immunité des députés et de limoger le Premier ministre, Hicham Mechichi, en assumant lui-même le pouvoir exécutif avec l'aide d'un gouvernement dont il nommerait le chef, ensuite, le président tunisien a émis des ordres pour révoquer des hauts fonctionnaires et en nommer d'autres à la place.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.