AA / Addis-Abeba / Ibrahim Salah
Les autorités sécuritaires éthiopiennes ont annoncé jeudi, avoir arrêté trois ressortissants égyptiens à Gambella, ville frontalière avec le Soudan du Sud, sans pour autant déterminer la date exacte de l’arrestation, se contentant de dire que l’opération a été menée au cours de la semaine en cours.
Un responsable sécuritaire de haut niveau a déclaré jeudi, à Anadolu, que « les trois Egyptiens arrêtés portent des noms à consonance africaine», refusant de divulguer leur identité «pour préserver le secret de l’instruction préliminaire», selon lui.
La source sécuritaire a ajouté que «deux des Egyptiens arrêtés étaient à bord d’un bus qui les amenait à la ville d’Assossa, capitale de la province de Benichangoul où l’Ethiopie réalise le barrage d’Ennahdha, tandis que le troisième individu a été arrêté par les habitants de la zone du fleuve Baro ».
« Le troisième individu a été appréhendé alors qu’il photographiait un des nouveaux barrages en cours de construction sur le fleuve Baro », a poursuivi le responsable sécuritaire, qui a relevé que les « trois accusés n’ont pas franchi les frontières entre les deux pays (Soudan du Sud et Ethiopie) par les 4 points de passage habituels ».
Les trois Egyptiens sont accusés, selon la même source d'avoir « franchi illégalement des frontières, de posséder des visas falsifiés et de constituer des menaces pour les édifices nationaux éthiopiens à travers leurs tentatives de photographier un barrage sur le fleuve Baro».
Et la source de souligner: « Le fait de se diriger vers la province de Benichangoul dans laquelle le barrage d’Ennahdha est en cours de construction constitue une forfait en soi ».
Il a ajouté que « les trois Egyptiens suspects ont été remis à la police qui les interroge depuis jeudi matin ».
L’Ethiopie partage avec le Soudan du Sud des frontières longues de 1650 kilomètres, traversées par plusieurs fleuves.
Addis-Abeba avait demandé des éclaircissements officiels à Juba au sujet de la convention de coopération militaire conclue avec l’Egypte au cours de la visite du ministre sud-soudanais au Caire en janvier dernier.
Le président sud-soudanais Salva Kiir avait rassuré en avril, le Premier ministre éthiopien Hailé Mariam Dessalegn quant à l’inexistence d’une coopération militaire avec le Caire qui ciblerait les barrages éthiopiens.
Les derniers mois ont été marqués par une tension palpable entre Le Caire et Addis-Abeba, suite à l’annonce éthiopienne du début des travaux de construction du barrage Ennahdha. Cet édifice suscite les «craintes» de l’Egypte quant à son impact sur sa quote-part annuelle des eaux du Nil, actuellement d’un volume de 55,5 milliards de mètres cubes, et sur sa sécurité nationale en cas d’effondrement de l’ouvrage.
Le gouvernement éthiopien considère le barrage « Ennahdha » comme un « projet de développement souverain consacré à la production de l’énergie électrique et qui ne peut faire l’objet d’aucun diktat étranger ».