AA / Dakar / Babacar Dione
Des pêcheurs artisanaux sénégalais se sont indignés suite aux accords signés entre le gouvernement sénégalais et l’Union européenne (UE) qui permettent à des navires européens de capturer des espèces comme le thon durant cinq ans, selon des propos recueillis par Anadolu vendredi,auprès de la plateforme des acteurs de la pêche artisanale du Sénégal.
« Le gouvernement du Sénégal n’a pas pris en compte nos préoccupations dans la signature de cet accord qui va tuer notre secteur. Nous réclamons une rupture de l'accord. Nous avons d'ailleurs décidé de faire circuler une pétition pour dire non aux clauses entre Bruxelles et Dakar », a déclaré, Ndiaga Cissé, un membre de l’association des pêcheurs artisanaux du Sénégal.
Les syndicats des conserveries ont également pris position : « L’accord de pêche risque de mettre au chômage plus de 1500 travailleurs. Il faut que l’Etat revienne sur sa décision », a déclaré pour sa part kabou Guèye, un syndicaliste des industries halieutiques.
L’Etat du Sénégal et l’Union européenne ont signé un nouvel accord de pêche bilatéral le 25 avril 2014. Cet accord permet à 38 navires européens de pêcher près de 14 000 tonnes de thon dans les eaux maritimes sénégalaises, pendant cinq ans, contre une compensation de l'UE d'un montant de 15 millions d’euros.
Le Sénégal va aussi recevoir 50 millions d'euros pour financer la surveillance côtière et la recherche dans le secteur de la pêche.
Pays d’Afrique de l’Ouest, le Sénégal compte environ 600 km de façade maritime. La pêche est un secteur essentiel de son économie. Selon des chiffres officiels, elle a contribué pour près de 12.5 % aux recettes d'exportation en 2011 et occupe près de 600 000 personnes (soit 17% de la population active).
Elu en mars 2012 à la tête du pays, le président Macky Sall avait annulé des autorisations de pêche accordées à une vingtaine de navires étrangers par son prédécesseur Abdoulaye Wade et avait promis une meilleure gestion des ressources halieutiques à travers, notamment, la prise en compte des intérêts des populations.