AA / Istanbul
Rami Makhlouf, homme d’affaires et cousin du président du Régime syrien, Bachar al-Assad, a fait assumer, lundi, à ceux qu’il a qualifié de « profiteurs de la guerre », la responsabilité de la détérioration de la situation économique en Syrie, les accusant d'avoir spolié ses biens, à travers l'utilisation de leur influence au sein de l’appareil d'Etat.
Agé de 51 ans, Makhlouf fait partie des principaux hommes d'affaires loyaux au régime d’al-Assad et il avait tiré profit du lien de parenté avec le président syrien pour amasser une richesse mirobolante.
C'est ce qui ressort d'un communiqué posté par Makhlouf sur son compte officiel du réseau social Facebook.
« Les commerçants de la guerre ont commencé par adopter des pratiques autoritaires, destructrices et répressives pour prendre le contrôle intégral de l'économie syrienne et remplacer ce grand nombre de commerçants et industriels par un groupe de personnes que nous avons qualifié de profiteurs de la guerre, et qui sont soutenus par une couverture sécuritaire horrible devenue le bras séculier de ceux-là », a-t-il écrit.
« La question ne se limite plus désormais à contraindre à l'exil les opposants au début de la guerre, mais le tour est venu pour les personnes loyales », a-t-il indiqué.
Il a rappelé qu’au cours du « premier mois de l'année 2019, nous avons souligné l'ampleur de la gravité du comportement des profiteurs de la guerre sur le pays, comportement devant être stoppé immédiatement, sous peine de retombées catastrophiques ».
« Nous avons commencé publiquement à nous opposer à leurs plans et à nous dresser contre eux, de peur de l'effondrement du pays, jusqu’à ce que nous soyons parvenus aujourd’hui à une situation économique des plus déplorables et à une grande souffrance subie par le citoyen », a-t-il soutenu.
Au lieu de demander des comptes aux auteurs de ces forfaits, a-t-il poursuivi, « La guerre a été dirigée à mon endroit, progressivement, et leur message était clair, ou les soutenir et leur céder nos biens et les biens des fondations caritatives, ou mobiliser les arcanes de l'Etat contre nous ».
Il a ajouté qu'il avait refusé de céder, ce qui a incité les profiteurs de la guerre à mobiliser toute leur influence pour entraver ses actions, interpeller ses employés, piller ses fonds et voler les biens de ses sociétés, en recourant à des décisions de justice pour couvrir leur action, et à des pirouettes juridiques de l’étranger, prétextant que la loi syrienne est limitée et mineure.
« C'est pour cela que nous considérons relevant de notre devoir de dire qu'il ne peut y avoir de réforme à la situation actuelle et que l’on ne peut stopper l'effondrement constaté, qu'en mettant un terme à tous les mécanismes adoptés par les profiteurs de la guerre, en reprenant l'action collective et en leur demandant une reddition des comptes ainsi qu’aux groupes qui les soutiennent », a-t-il souligné.
Makhlouf a, appelé, également, à « empêcher les services sécuritaires d'intervenir au quotidien dans la vie du citoyen et à limiter leur rôle à l'arrestation des agents et des destructeurs et à lutter contre le terrorisme et le trafic illégal ».
Il a indiqué, également, qu'il faut « lancer un appel à quiconque, a quitté la Syrie, depuis le début de la guerre ou durant le conflit, à retourner à la patrie, tout en ouvrant la voie à une réelle participation en fournissant protection et encadrement nécessaires et en leur permettant de récupérer les biens qui leur ont été spoliés de manière illégale ».
Makhlouf a qualifié Bachar al-Assad de « maître du pays », l'appelant à mettre un terme aux « pratiques oppressives et d'arnaque des profiteurs de la guerre et à rétablir les personnes dans leurs droits ».
Au cours des années précédentes, des informations ont circulé au sujet d’un différend entre le Régime et Makhlouf, dès lors que ce dernier n'accomplissait pas son devoir d'appuyer le Régime, comme il se doit, face aux crises financières.
Makhlouf est parmi les principaux symboles de corruption ciblés est attaqués par les protestations en Syrie, à la suite de l’enclenchement d'une révolte populaire, au mois de mars 2011.
Depuis l’enclenchement de la révolution, l'économie syrienne est en constante détérioration, dont la principale illustration consiste en la baisse draconienne de la valeur de la livre. Un dollar américain est échangé contre 2700 livres syriennes.
*Traduit de l’Arabe par Hatem Kattou