AA - Washington - Hamza Gedikoğlu
Le président américain Barack Obama qui avait promis, lors de sa campagne électorale, de mettre fin à la guerre en Irak et de pas impliquer les Etats-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient, peine à tenir ses promesses à sa sixième année au pouvoir.
Les milliers de civils tués en Syrie, l'utilisation d'armes chimiques contre son peuple par el-Assad et le renforcement de l'organisation de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, autoproclamé "Etat islamique"), n'ont pas été suffisants pour qu'Obama prenne la décision d'une opération militaire en Syrie.
Cependant, l'exécution du journaliste James Foley par l'"EI" et le renforcement de l'organisation qui est allée jusqu'à menacer directement les américains et le personnel américain, pourront faire changer les Etats-Unis de décision.
Les responsables américains ont indiqué que les frappes aériennes "ciblées et limitées" contre des positions de l’organisation de l’"EI" en Irak, depuis deux semaines ont permis de "défendre les intérêts américains", d'"enrayer les avancées de l’"EI" vers le Nord de l’Irak" et de "protéger les minorités". Ces frappes ont également permis de récupérer des positions stratégiques comme le barrage de Mossoul. Ainsi, trois ans après le retrait des troupes américaines de l'Irak, les Etats-Unis sont intervenus à nouveaux dans le pays.
Les chefs militaires américains ont évoqué pour la première fois la nécessité d'une intervention en Syrie afin de vaincre l'"EI". La presse américaine a consacré une large place aux débats sur la menace directe constituée de l'"EI" aux Etats-Unis et présenté cette organisation terroriste comme la "nouvelle Al-Qaida".
Suite à la décapitation du journaliste américain James Foley, les responsables américains utilisent un langage plus rigide envers l'"EI".
"C'est au-delà de tout ce qu'on avait vu auparavant", a déclaré, jeudi, le secrétaire américain à la défense Chuck Hagel à propos de la menace constituée par l'"EI". "Par conséquent, nous devons être prêts à tout". Interrogé sur la possibilité de frappes aériennes américaines contre de l'"EI" en Syrie, le secrétaire américain à la défense a affirmé "Nous examinons toutes les options".
Par ailleurs, le chef d'Etat major américain, Martin Dempsey a affirmé que la défaite de l'"EI" nécessite différentes approches qui doivent être prises en considération notamment, qu'une partie de l'organisation se trouve en Syrie.
Enfin, le conseiller adjoint à la sécurité nationale américaine Ben Rhodes a affirmé, vendredi, que les États-Unis d'Amérique ne se "limiteront pas à des frontières" lorsqu'il est question de vies de citoyens américains et a ainsi lancé le message le plus clair concernant la possibilité d'intervention en Syrie.