AA/ Le Caire/Hacer Eldusuki
La déclaration de principes sur la construction du barrage éthiopien "la Renaissance" a été signée ce lundi à Khartoum, capitale du Soudan, par les deux présidents de l’Egypte et du Soudan, respectivement Abdelfattah Al Sissi et Omar Al Bachir, ainsi que par le chef du gouvernement d’Ethiopie, Haile Mariam Dessalegn.
Le chef du gouvernement éthiopien Haile Mariam Dessalegn a affirmé, dans le discours prononcé lors de la cérémonie qu’il s’engage à ce que la construction du barrage "la Renaissance" ne porte aucun préjudice ni à l’Egypte, ni au Soudan. Dessalegn a déclaré: «Nous avons franchi une nouvelle étape, avec l’accord sur la déclaration de principe sur le barrage la Renaissance. C’est sur cette base que nous construirons notre avenir et nos accords. Le barrage est un projet qui peut jeter les bases d’une nouvelle coopération régionale ».
A noter que le chef du gouvernement éthiopien a cité quatre fois le mot «engagement », sachant que des désaccords entre Le Caire et Addis Abeba ont justement achoppé sur ce terme. Les Egyptiens exigeant que ce mot soit explicitement notifié dans le document de l’accord, alors que les Ethiopiens s’y refusaient.
«Au nom du gouvernement et du peuple éthiopiens, j’affirme l’engagement de l’Ethiopie à la coopération dans le bassin du Nil, et que les Etats en aval [du Nil] ne seront pas lésés».
Pour sa part, le président égyptien al Sissi a déclaré dans son allocution: «La base de tout accord, est d’être prêt à la concrétisation des termes qui y sont portés». Rappelant que : «Si le Nil et le barrage la Renaissance représentent pour l’Ethiopie une source de développement, le Nil constitue pour l’Egypte la source de la vie».
«Cette signature constitue le premier pas sur la voie de la compréhension et le rapprochement entre les peuples» a-t-il ajouté, précisant ne pas avoir de «réserves» quant au développement du peuple éthiopien à qui il «souhaite tout le bien ».
Le président soudanais, Omar Al Bachir, a annoncé de son côté que son pays était «déterminé à continuer les négociations pour parvenir à des accords détaillés pour l'achèvement de la Déclaration de principes sur le barrage la Renaissance, afin de garantir que les intérêts des autres peuples ne soient pas lésés».
Les diplomaties des trois pays se sont efforcées avant la signature de la déclaration de principes, à aplanir deux points de désaccord. Des sources participant aux négociations ont affirmé, sous le sceau de l’anonymat, que le premier point de désaccord porte sur l’article concernant «l’obligation» que les Egyptiens exigeaient dans le document de la déclaration, et auquel les Ethiopiens préféraient la notion de «respect».
Le deuxième point concerne la demande égyptienne de participer aux gains ou aux profits par le biais d’actions ou de financement.
Les mêmes sources ont souligné que le côté éthiopien a également rejeté le deuxième point, le considérant «dépassé depuis un certain temps par les événements».
L’Egypte s’inquiète des conséquences du barrage de la Renaissance construit par l'Ethiopie sur le Nil, sur sa part annuelle des eaux du fleuve qui s’élève à 55,5 milliards de mètres cubes. L’Ethiopie affirme de son côté que le barrage lui sera utile, en particulier pour la production d'électricité, sans affecter négativement le Soudan et l’Egypte.