Malek Jomni
19 Mars 2021•Mise à jour: 22 Mars 2021
AA/ Washington
Des pourparlers ont eu lieu, jeudi, entre le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, et leurs homologues chinois, le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie, Yang Jiechi, et le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, à Anchorage en Alaska, pour discuter des désaccords profonds entre les deux pays.
Blinken a déclaré, dans un discours prononcé lors de la réunion, qu'ils discuteraient avec la délégation chinoise des pratiques que subissent les Turcs ouïghours dans la région du Turkestan oriental, à l'ouest du pays, ainsi que de sa politique dans les régions de Hong Kong et Taiwan.
Le secrétaire d'Etat a indiqué que la Chine menaçait ainsi l'ordre mondial basé sur des règles garantissant la stabilité.
Il a ajouté que la Chine et les États-Unis partageaient, malgré les différends, des intérêts communs relatifs au climat et à l'économie, même s'ils ont chacun son propre régime politique.
Le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a fait savoir ce qui suit: "nous ne cherchons pas à avoir des conflits avec Pékin, mais nous sommes heureux de cette concurrence acharnée."
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a quant à lui souligné que les États-Unis et la Chine avaient des responsabilités en matière de stabilité mondiale.
Un départ effréné
La rencontre historique entre les délégations américaine et chinoise a commencé d'une manière frénétique.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Yi, a critiqué les États-Unis pour leurs sanctions imposées à Pékin, en raison de sa politique à Hong Kong.
Il a ajouté, en réponse aux accusations américaines contre la Chine, que Pékin n'acceptait pas l'invasion, le renversement du pouvoir et le massacre des peuples des autres pays, tout en faisant allusion aux Etats-Unis.
"Il est important pour Washington de changer d'abord son image et d'arrêter d'exporter sa démocratie dans le monde. Beaucoup de personnes aux Etats-Unis n'ont pas confiance en la démocratie de leur pays", a-t-il lancé.
Le ministre Yang a encore critiqué le discours des États-Unis sur les valeurs universelles, soulignant que "ni les États-Unis ni le monde occidental ne représentent l'opinion publique internationale".
Yang a expliqué que la Chine n'accepterait pas les accusations des États-Unis, notant que les récents développements avaient placé les relations entre les deux pays dans une position "difficile et sans précédent".
Commentant les sanctions américaines contre son pays, le ministre chinois a précisé qu'il était impossible d'étrangler la Chine.
La tentative américaine de faire sortir les représentants des médias avant la tenue du discours de Yang, qui a duré près de 18 minutes, avait provoqué une controverse, le ministre chinois ayant critiqué cette mesure jugée "injuste" à son égard.
Le Département d'État américain a, par la suite, commenté l'incident en affirmant que les délégations avaient accepté de parler pendant deux minutes et que la partie chinoise avait enfreint ce protocole.
Il s'agit de la toute première réunion bilatérale qui rassemble des responsables des deux pays depuis l'investiture du président des Etats-Unis, Joe Biden. L'objectif de la rencontre, qui se déroule dans une atmosphère de tension aigüe, est d'examiner les désaccords profonds, souvent non résolus, entre les deux plus grandes puissances mondiales.
*Traduit de l'arabe par Malèk Jomni