Muhammed Shekh Yusuf
30 Janvier 2018•Mise à jour: 30 Janvier 2018
AA/ Sotchi (Russie)/ Mohammed Shekh Yusuf
Après deux heures et demie de retard, les réunions officielles du Congrès du dialogue national syrien ont été lancées, mardi, à la ville russe de Sotchi, avec la présence de près de 1500 participants et l’absence de la délégation de l’Opposition.
La séance inaugurale a débuté par une allocution brève de Ghassan Al-Qalaa, président de la Chambre de commerce de Damas, suivie du message du président russe, Vladimir Poutine, lu par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
"Ce congrès est en mesure de réunir le peuple syrien, déchiré, depuis des années par le conflit ayant fait des centaines de milliers de victimes. La Russie déploiera tous les efforts nécessaires en vue d’instaurer la paix et la stabilité en Syrie", a lancé Poutine dans son message.
"Nous avons coopéré avec la Turquie et l’Iran pour déterminer des zones de désescalade, et pour prépaprer la reconstruction du pays. Toutes les conditions nécessaires à mettre fin à cette phase douloureuse dont souffre le peuple syrien, sont actuellement réunies", a-t-il renchéri.
Selon Poutine, "il existe une opportunité pour parvenir à une solution politique, et ce conformément à la résolution onusienne n° 2254. Ainsi, appuyée par l’Organisation des Nations Unies (ONU), et ses partenaires (la Turquie et l’Iran), la Russie a pris l’initiative d’œuvrer pour ce Congrès, de sorte de permettre au peuple syrien de se réapproprier sa décision".
L’envoyé russe pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev, a rejoint aussitôt Al-Qalaa pour présider la réunion. Plusieurs participants formant "Conseil présidentiel" (de la réunion, [NDLR]), ont été invités, peu de temps avant le début de la réunion à huit clos.
La séance inaugurale n’a duré que 10 minutes. Lavrentiev a précisé que l’ordre du jour comprenait l’échange des points de vue sur la situation actuelle, sur la sortie de la crise, et l’adoption d’une déclaration finale.
D’un autre côté, la délégation de l’Opposition syrienne, provenant d’Ankara en vue de participer au Congrès national syrien à Sotchi, a décidé, mardi, de revenir à la capitale turque; la partie russe n’ayant donné aucune suite favorable ses revendications.
Selon des sources relevant de l'Opposition, la délégation a demandé, lundi soir, à l’issue de l’atterrissage de son avion à Sotchi, en provenance d’Ankara, de remplacer les affiches utilisées lors du Congrès, qui représentaient uniquement le drapeau du Régime, en l'absence de drapeau de l'Opposition.
Le Congrès serait marqué de plusieurs événements dont une conférence de presse de professeur Vitaly Naumkin, directeur de l'Institut d’études orientales, de l'Académie des Sciences de Russie, sur la politique du Moyen-Orient qu’adopte Moscou. Naumkin serait également accompagné de Vassili Kouznetsov, directeur du Centre d'études arabes et islamiques à l'Institut d'études orientales.
Plusieurs autres conférences de presse auront lieu lors du Congrès, et aborderont divers sujets notamment, l’expérience au sein des zones de désescalade, les réformes constitutionnelles, le rôle des jeunes et des étudiants dans la construction de la Syrie ainsi que le rôle de la société civile.