Bayram Altuğ,Ayşe Aktaş,Ekip,Tuncay Çakmak
11 Mars 2016•Mise à jour: 11 Mars 2016
AA - Ankara
Le leader du Front Moro Islamique de Libération des Philippines (MILF), Haci Mourad Ibrahim, a déclaré que la non adoption par le Sénat de la Loi Basique Bangsamoro (LBB) ne signifiera pas la fin du processus de paix et que celui-ci se poursuivra avec le nouveau gouvernement qui sera élu.
Ibrahim, leader du front Moro qui lutte pour l’indépendance depuis plus de 40 ans, s’est exprimé au correspondant de l’Agence Anadolu sur l’avenir du processus de paix.
L’Accord de Paix Bangsamoro avait été signé le 27 mars 2014 entre le front Moro et le gouvernement.
Pour être validé, il doit être approuvé par le Sénat.
«La non adoption par le Sénat de la Loi Basique Bangsamoro (LBB) ne signifiera pas la fin du processus de paix, celui-ci se poursuivra avec le nouveau gouvernement qui sera élu. Nous pensons que le nouveau gouvernement serait dans l'optique de préserver les acquis et poursuivre le processus de paix», a-t-il affirmé.
Ibrahim a exprimé son souhait de voir la nouvelle direction du pays qui sortira des urnes après les élections législatives du 9 mai et l’élection présidentielle, agir avec plus de cohérence.
«Malgré tout, nous accueillons avec satisfaction les efforts du gouvernement actuel», a-t-il ajouté.
A une question concernant les attentes des militants et de la base, le leader du Front Moro a indiqué subir beaucoup de pressions pour reprendre la lutte armée.
«En réalité, nous subissons beaucoup trop de pressions. Les gens attendent depuis très longtemps. C’est une combat de plus de 40 ans dont les 17 dernières années ont été consacrées aussi à des négociations. Si le prochain gouvernement ne va pas tout droit vers la solution, il nous sera difficile de retenir plus longtemps ces pressions», a-t-il dit.
Selon le leader du Front Moro, le processus de paix doit aboutir, sinon le combat reprendra.
«Nous avons réalisé de nombreux efforts pour la paix ces 17 dernières années, si ce processus n’aboutit pas, nous devrons reprendre la lutte armée. Car ce combat doit atteindre son objectif», a-t-il affirmé.
Concernant l’éventualité que la Cour Constitutionnelle des Philippines déclare le processus anticonstitutionnel, Ibrahim s’est dit confiant sur la question, précisant que le gouvernement ne pourra pas prendre un tel risque devant toute la communauté internationale.
Par ailleurs, Ibrahim a rappelé que la Turquie et l’Arabie Saoudite ont joué un rôle important dans le processus de paix aux Philippines, et que la Malaisie a joué le rôle de facilitateur.
«Les autres pays et ONG musulmans devraient participer plus activement à ce processus. En réalité, les pays occidentaux, comme l’Union européenne et le Japon ont été plus impliqués» a-t-il dit.
«Si notre processus de paix abouti, il pourra servir de modèle pour les autres régions du monde, tout particulièrement au Moyen-Orient, où les pays musulmans sont confrontés à des guerres et des crises», a-t-il ajouté.
Pour conclure, Mourad Ibrahim a expliqué que le Front Moro poursuit le dialogue avec les Combattants Islamiques de la Liberté du Bangsamoro pour que ceux-ci rejoignent le Front Moro et abandonnent les armes pour participer au processus de paix.