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27 Mai 2021•Mise à jour: 27 Mai 2021
AA / Montréal / Hatem Kattou
Le Canada a dénoncé, mercredi, la décision du gouvernement du Régime syrien de tenir une élection présidentielle au moment où ce même Régime « continue de violer les droits de la personne et de commettre de graves violations du droit international ».
C’est ce qui ressort d’une Déclaration mise en ligne par le ministère canadien des Affaires étrangères sur son site électronique.
« Le Canada dénonce la décision de la Syrie de tenir des élections présidentielles…alors que le régime d’Assad continue de violer les droits de la personne et de commettre de graves violations du droit international », lit-on dans la Déclaration.
Mercredi matin, les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dans les zones contrôlées par le Régime en Syrie, pour le déroulement d’une élection présidentielle annoncée par « l'Assemblée du peuple », le 18 avril dernier.
« Des élections libres et régulières ne seront pas possibles tant qu’une constitution inclusive n’aura pas été rédigée, et servira d’assise à l’établissement d’une voie crédible vers un règlement politique ou une transition, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies », poursuit le texte de la diplomatie canadienne.
« Comme l’indique clairement la résolution 2254, des élections libres et régulières doivent permettre la surveillance par les Nations Unies et la participation de tous les Syriens, y compris les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur du pays, sans crainte de persécution », rappelle le texte.
« Les élections doivent également encourager la participation significative des femmes et être exemptes des tactiques d’intimidation dont nous avons été témoins lors des premiers votes de la diaspora », ajoute la Déclaration.
« Des élections crédibles permettent un véritable discours politique entre les candidats, dont les nominations sont transparentes et non à la merci du régime en place. En l’absence de ces conditions, ces élections ne peuvent représenter la volonté du peuple syrien et le Canada ne reconnaît pas leur légitimité », souligne le ministère canadien.
Le Canada a tenu à souligner que « ces élections ne signifient pas la fin de la lutte du peuple syrien », encourageant dans ce sens la Communauté internationale à « refuser toute normalisation des relations avec le régime Assad, qui refuse de s’engager de manière significative dans la négociation d’une solution politique ».
La diplomatie canadienne a tenu à dénoncer le fait que Damas « continue de terroriser son électorat au moyen d’armes chimiques, de détentions arbitraires, d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées et de torture ».
Le Canada a réitéré son soutien apporté aux « efforts de l’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie visant à promouvoir un processus politique dirigé par les Syriens, fondé sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité, qui promet une prospérité future pour tous les Syriens et protège leurs droits et leur dignité, y compris le droit de voter lors d’élections libres et régulières ».
En conclusion, Ottawa a « exhorté le Régime d’Assad à s’engager de manière significative dans ce processus ».