Ayşe Aktaş,Mohamad Misto,Levent Tok,Tuncay Çakmak
03 Mars 2017•Mise à jour: 04 Mars 2017
AA - Al-Bab (Syrie) - Tuncay Çakmak
Face à la détermination de la Turquie concernant la présence des forces de l’organisation terroriste PYD-PKK à Manbij dans le nord de la Syrie, ces derniers cherchent à mettre en application une nouvelle stratégie en se rapprochant du régime de Bachar al-Assad.

Le Conseil Militaire de Manbij, structure constituée par le PYD-PKK pour dissimuler sa réelle identité, avait annoncé jeudi que les forces du régime syrien allaient entrer dans la ville.
Mais le communiqué précisait que les forces du régime allaient s’installer dans la périphérie Ouest de Manbij pour faire barrage entre le PYD-PKK et les forces armées turques et l’Armée Syrienne Libre (ASL) qui coopèrent dans la région dans le cadre de l’opération Bouclier de l’Euphrate.
Vendredi, le ministère russe de la Défense a affirmé que le PYD va quitter Manbij et remettre le contrôle de la ville et de sa périphérie aux forces du régime de Damas.
Tous ces changements sont survenus après que l’ASL a repris deux villages aux mains du PYD à proximité de Manbij et qu’Ankara a prévenu que si le PYD ne quitte pas Manbij, l’armée turque n’hésitera pas à agir.
Par ailleurs, des sources locales ont affirmé au correspondant de l’Agence Anadolu (AA) que, pour l’heure, aucun mouvement n’a été constaté dans les rangs de l’armée de Bachar al-Assad.
Le fait que le régime ne se soit pas encore exprimé sur cet accord avec le PYD est un autre point à relever.
Depuis quelques semaines, grâce à l’appui de l’aviation russe, les forces du régime ont avancé à l’Est et au Sud d’al-Bab, pour finalement arriver jusqu’à Manbij, lundi.
De cette manière, les forces du régime se sont interposés entre l’ASL et l’organisation terroriste Daech.
Dans le cas où les déclarations du PYD et de la Russie se concrétiseraient, alors un mur aura été créé entre les forces de l’opération Bouclier de l’Euphrate et les terroristes du PYD-PKK à Manbij.
Dans le même temps, les soldats américains qui se trouvaient jusqu’à l’heure à Manbij, ont commencé à quitter la ville pour se déployer plus au nord.
D’après des sources locales, les américains seraient désormais à la limite de la ligne de contrôle de l’ASL au sud de Jarablus.
Ces évolutions démontrent une nouvelle fois l’existence, depuis bien longtemps, d’une collaboration entre le régime de Bachar al-Assad et l’organisation terroriste PYD-PKK.
Depuis le début de la guerre, les forces du régime et le PYD ne se sont affrontés qu’à quelques reprises.
Depuis 2012, le PYD a pris le contrôle de Hassaké, abandonnée par le régime, mais l’organisation terroriste continue de payer des impôts au régime.
Dans le nord d'Hassaké, l’aire de production de pétrole de Rumeylan est protégée conjointement par les deux groupes.
En décembre 2015, le régime et le PYD avait aussi coopérer avec Alep contre les forces de l’opposition.