Soraya Hend Ben Mustapha
23 Janvier 2016•Mise à jour: 23 Janvier 2016
AA / Ahmed al-Masri
Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry a déclaré, samedi, que son pays comprend les préoccupations des pays du Golfe vis-à-vis de l’accord nucléaire iranien, soulignant qu’il coopère avec le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) pour la construction d’un système de défense antimissile.
Kerry s’exprimait au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue saoudien, Adel al-Joubeir, tenue à Riyad, au terme d’une réunion ministérielle CCG-USA.
Répondant à une question sur d’éventuels engagements écrits américains pour rassurer les pays du Golfe sur l’accord nucléaire iranien, Kerry a souligné : « Nous avons des mémorandums d’entente et des accords avec tous les pays du Golfe. Nous avons des bases militaires dans certains pays, des échanges militaires, des programmes d’entrainement dans les domaines de la sécurité et du renseignement, et nos armées [USA et pays du Golfe] participent à ces programmes ».
Et d’ajouter: « D’autres volets sont prévus, à l’instar de la construction d’un système de défense antimissile ».
Kerry a tenu à « rassurer tout le monde » que « les relations entre le Etats-Unis et les pays du CCG sont bâties sur les intérêts communs et la défense commune. Je pense que les pays du Golfe ne doutent pas, et nous l’avons réaffirmé à plusieurs reprises, que les Etats-Unis les soutiendront contre toute menace extérieure ».
Il a expliqué que « les négociations sur le nucléaire visaient à atteindre un objectif essentiel : débarrasser la région [du Moyen-Orient] de la menace nucléaire, et d’une course à l’armement nucléaire ».
« Nous avons maintenant la capacité d’agir conjointement pour affronter les préoccupations de l’Arabie Saoudite et d’autres pays », a-t-il dit.
Et d’enchaîner : « Nous savons que le Hezbollah détient 70 à 80 mille missiles. La plupart de ces armes ont été fournies par l’Iran, à travers Damas. Que va-t-il en faire ? Nous partageons les préoccupations des pays du Golfe sur ce sujet ».
S’agissant du dossier syrien, le chef de la diplomatie américaine a déclaré : « Nous sommes parvenus à un accord sur le démarrage du premier round de négociations. Il y aura une réunion du groupe (des amis de la Syrie), après les négociations, pour examiner tous les dossiers qui exigent un consensus ».
L’émissaire onusien en Syrie, Staffan di Mistura, et les Nations Unies, sont la partie qui adresse les invitations aux négociations, a-t-il précisé, se disant "confiant qu’il y a certainement un moyen permettant d’y inviter plusieurs parties concernées, de manière à impulser davantage ce processus".
John Kerry est arrivé samedi à Riyad, pour sa première visite dans les pays du Golfe après l’entrée en vigueur de l’accord sur le nucléaire iranien.
Le 16 janvier courant, l’Union européenne et les Etats-Unis ont annoncé la levée des sanctions économiques contre l'Iran, conformément à l’accord sur le nucléaire iranien signé par Téhéran et les grandes puissances mondiales (groupe des 5+1) en juillet dernier.
Les relations entre Riyad et Téhéran se sont tendues après la rupture unilatérale, par l’Arabie Saoudite, des relations diplomatiques avec l’Iran, le 3 janvier, au lendemain de l’attaque de son ambassade à Téhéran et de son consulat à Mashhad par des manifestants iraniens qui protestaient contre l’exécution du haut dignitaire chiite saoudien Nemr Baqer al Nemr, le 2 janvier.