AA / Sanaa / Ali Aouidha
Mohamed al-Bakhiti, un des dirigeants Houthis au Yémen, a déclaré que son mouvement n’a pas l'intention de faire un «coup d’état militaire contre Sanaa, parce que la situation du pays ne le permet pas ».
Al-Bakhiti, membre du bureau politique des Houthis, a ajouté dans une interview exclusive avec l’agence Anadolu (AA) : « Nos actions sont pacifiques. Nous n’avons aucune intention d'occuper militairement Sanaa, parce que cette ville, qui est celle de tous les Yéménites, a ses spécificités».
Il a cependant mis en garde que « si la décision politique est monopolisée par une seule partie, cela menacerait, non seulement la stabilité du Yémen, mais aussi son unité ».
Al-Bakhiti a appelé le peuple yéménite à «faire tomber la totalité du processus politique pour en instaurer un autre qui émanerait du pays et non de l’extérieur », faisant référence à l’initiative du Golfe (qui a destitué l’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh, fin 2011, à la suite d’une révolution populaire).
« Quand une opération politique est imposée par des parties extérieures, elle sert des intérêts extérieurs et non ceux du pays. Il y a également des parties externes qui essaient de régler leurs comptes avec des parties yéménites, ce qui menace la stabilité du pays. », a ajouté le dirigeant houthi.
Al-Bakhiti a ajouté que «l’armée yéménite est divisée et comporte des milices d’un parti précis qui ne sont soumises ni aux décisions politiques du président de la République ni à celles du ministre de la Défense », sans préciser le parti en question.
S’agissant de la demande du Président yéménite, Abd Rabbuh Mansur Hadi, de voir les Houthis «se retirer d’Amran», al-Bakhiti a affirmé que « toutes les institutions de l’Etat ont été remises aux parties concernées. Le Président avait visité Amran et avait déclaré qu’elle était sécurisée et sous le contrôle de l’Etat. Demander aux Houthis de livrer Amran à l’Etat et de s’en retirer est en contradiction avec ses précédentes déclarations ».
Al-Bakhiti a expliqué que son groupe «revendique la démission du gouvernement et non celui du Président» qui, selon lui, est sujet d'«un consensus de toutes les forces politiques», précisant : «Nous demandons au Président de conserver cette position et de ne pas pencher vers une quelconque partie afin qu’il y ait toujours un point de repère au Yémen auquel on peut avoir recours et qui serait capable de faciliter l’accès à des solutions ».
S’exprimant sur les dernières manifestations des Houthis aux portes de Sanaa, le dirigeant du groupe a assuré que «les sit-in se poursuivront jusqu’à la réalisation des revendications des Houthis, notamment l’annulation de la levée de subventions sur les dérivées du pétrole, la démission du gouvernement et l’application des recommandations du dialogue national ».
« Nous espérons parvenir à un accord avec le comité présidentiel, mais la pression populaire reste indispensable pour parvenir à un accord et le mettre en œuvre», a assuré Al-Bakhiti.