Bilal Müftüoğlu
30 Août 2016•Mise à jour: 30 Août 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France a "un devoir moral" à l'égard de l'Afrique, pour permettre à tous ses habitants d'avoir accès aux sources énergétiques, a estimé mardi le président français François Hollande.
S'exprimant devant les diplomates français réunis à Paris dans le cadre de la "Semaine des Ambassadeurs", le président français a fait le compte-rendu des actions diplomatiques de son pays, tout en dressant un bilan amer du contexte géopolitique en Syrie, mais aussi des négociations avec les Etats-Unis sur le traité de libre-échange transatlantique (Tafta).
La question de l'Afrique, notamment l'accès de ses habitants aux sources énergétiques, l'électricité en particulier, figure parmi les "urgences", a tenu à souligner Hollande dans son discours. "Nous avons un devoir moral à l'égard de l'Afrique (...) L'accès de l'Afrique aux énergies renouvelables est un élément fondamental pour la justice climatique ", a-t-il martelé.
La mise en œuvre de l'accord de Paris sur le climat "avant la fin de l'année" est aussi une urgence pour la France, a ajouté le président français.
- Impossibilité d'aboutir à un accord de libre-échange transatlantique "d'ici la fin de l'année"
Confirmant, en substance, les propos du Secrétaire d'Etat au commerce extérieur Matthias Fekl, plus tôt dans la journée, sur l'arrêt des négociations avec les Etats-Unis, Hollande s'est montré très critique à l'égard de l'état actuel des pourparlers autour du traité de libre-échange transatlantique (Tafta) entre l'Union Européenne et les Etats-Unis.
Les discussions sur le Tafta "ne pourront pas aboutir à un accord d'ici la fin de l'année", avant la fin du mandat du président américain Barack Obama, comme souhaité par ce dernier, a ainsi martelé le président français. "Les positions n'ont pas été respectées , le déséquilibre [au détriment de la partie européenne] est évident", a encore soutenu le président français.
- "Risques d'embrasement général" en Syrie
S'agissant de la Syrie, Hollande a évoqué la récente opération militaire turque à Jarablus (Nord syrien), contre Daech, comme une action "qui se comprend parfaitement" au vu des attentats perpétrés par ce dernier sur le sol turc. Le président français a pourtant qualifié l'intervention de l'armée turque contre le YPG, bras armé du PKK kurde, "d'actions contre les Kurdes" alors qu'ils "affrontent eux-mêmes Daech par le soutien de la coalition internationale".
Ces interventions "contradictoires" à la fois des forces turques mais aussi russes portent des "risques d'embrasement général", a ainsi assené le président français.
"Le régime et ses soutiens croient toujours à une solution militaire", a par ailleurs déploré Hollande, appelant la Russie à prendre part à la résolution de la crise syrienne mais aussi en Ukraine. En Syrie, plus particulièrement, la Russie doit mettre fin à son rôle de "protagoniste" pour devenir "un acteur de la négociation", a-t-il insisté.
- "Risques d'escalade élevés" en Ukraine
Le président français a maintenu ses mises en garde à l'encontre de la Russie, sur la question ukrainienne, estimant que les accords de Minsk, en vue d'établir la paix dans l'est de l'Ukraine "tardent à être mis en œuvre".
"Cet été la situation s'est brutalement aggravée. Les risques d'escalade sont élevés", a ainsi soutenu Hollande, rappelant à cet égard les deux objectifs de l'Europe: La sécurité avec la démilitarisation de l'Est, et la tenue des élections dans le respect des lois ukrainiennes et normes internationales.
Les effets de cette crise "éminemment dommageables" se font ressentir dans les relations entre l'Union européenne et la Russie ou encore entre la France et la Russie, d'après le président français. La France a une relation "historique" mais "exigeante" avec la Russie, a souligné Hollande et les deux parties ont "intérêt à sortir le plus rapidement" de la situation actuelle, a-t-il estimé.