Nadia Akari,Saida Charafeddine
25 Septembre 2015•Mise à jour: 25 Septembre 2015
AA/Maiduguri (Nigéria) / Olarewaju Kola
De nombreux Nigérians craignent qu’une interdiction de circuler pendant 72 heures, imposée par l’armée sur l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigéria, et qui couvrira les trois jours de fête religieuse musulmane de l’Aïd al-Adha, n’empêche les habitants de la région de participer aux prières et aux festivités.
Mercredi, les autorités militaires du Borno ont imposé une interdiction de circuler pour tous les véhicules, dont les motos, les vélos, les ânes, les chevaux et les chameaux, de 17:00, mercredi, jusqu’aux premières heures de la journée de samedi.
Plusieurs habitants de l’Etat, connu pour être ravagé depuis des années par une violente insurrection, craignent que l’interdiction n’empêche les fidèles de participer aux prières de l’Aïd al-Adha dans les mosquées locales et de prendre part aux festivités prévues par les communautés.
«Ces restrictions vont empêcher les musulmans, particulièrement les femmes, les enfants et les personnes âgées de pratiquer leurs obligations religieuses. Des milliers de personnes ne pourront pas assister aux prières de l’Aïd en raison de l’interdiction» a déploré un journaliste local, Ahmed Mari, à l’Agence Anadolu (AA).
Depuis six ans, le Nigéria lutte, dans le nord-est du pays, contre une sanglante insurrection menée par l’organisation terroriste Boko Haram qui affirme vouloir établir un «califat islamique» dans la région.
Si Boko Haram est présenté comme un groupe armé extrémiste prêchant un islam radical, plusieurs de ses membres arrêtés ont avoué que les chefs de l’organisation discouraient rarement sur l’Islam.
Plusieurs des membres de Boko Haram arrêtés par les forces de sécurité, se sont avérés incapables de lire le Coran ou même de réciter la Fatiha [sourate d’ouverture du Coran], a déjà révélé le porte-parole de l’armée, Sani Usman.
L’armée nigériane a récemment signalé avoir arrêté plusieurs «barons du crime» qui fournissaient le groupe extrémiste Boko Haram notamment en drogues.
D’après l’armée, les drogues dures retrouvées et autres objets et substances, dont des amulettes ‘magiques’, des préservatifs et des stimulants sexuels - sont en porte-à-faux avec le discours de Boko Haram qui prétend vouloir appliquer la charia [loi islamique] dans les territoires sous son contrôle.
Des dizaines de milliers de civils ont été tués et des dizaines de milliers d’autres déplacés dans la région du nord-est du Nigéria depuis le début de l’insurrection.