AA/Maiduguri (Nigéria)/ Olarewaju Kola
Au moins 2000 civils ont été déplacés à la suite d'une nouvelle attaque perpétrée par le groupe armé extrémiste Boko Haram contre une ville de l’Etat du Borno, dans le nord-est du Nigéria, a indiqué, mardi, un responsable local.
Le vice-gouverneur de l’Etat du Borno, Alhaji Zanna Umar Mustapha, a déclaré, mardi, que les habitants de Bama ont dû fuir la ville suite aux violents affrontements entre les forces gouvernementales et des éléments de Boko Haram.
Des dizaines auraient également été tués dans l’attaque du groupe extrémiste, bien que les autorités nigérianes n’aient toujours pas communiqué de bilan précis des victimes .
Mustapha a affirmé que l’armée contrôlait la situation et a démenti les informations faisant état d’une prise de contrôle de la ville par les insurgés.
« Bama n’est pas tombée aux mains des insurgés. L’armée contrôle la zone. L’attaque contre Bama [lundi] était très regrettable, mais nous voulons tranquilliser notre peuple et lui assuré que le gouvernement a la situation bien en main » a soutenu le vice-gouverneur.
« Toutes les personnes [déplacées] sont prises en charge et nos forces de sécurité se sont engagées dans un combat féroce contre les insurgés qui mérite d’être salué » a souligné le vice-gouverneur en recommandant à la population de ne pas croire aux rumeurs et de ne pas céder à une « panique inutile ».
Bama est située dans la région centrale du Borno, à environ 85 kms de la capitale provinciale, Maiduguri. L’attaque perpétrée lundi est la troisième de Boko Haram contre la ville, depuis 2009.
Dans une vidéo diffusée le 24 août, le chef de Boko Haram, Shekau, avait déclaré que son groupe avait formé un «califat islamique» dans la région du nord-est du Nigéria.
Boko Haram s’est déjà emparé des villes de Madagali, dans l’Etat d’Adamawa, de Buni Yadi, dans le Yobe, et de Damboa et Gwoza dans le Borno.
L’armée nigériane a, pour sa part, qualifié les déclarations de Boko Haram sur un «califat islamique» de « vides», affirmant qu’aucune partie du pays n’a été et ne sera cédée au groupe armé.
De nombreuses sources militaires ont cependant confié, sous couvert d’anonymat, que les membres de Boko Haram avaient bel et bien pris un «contrôle absolu» sur des zones de l’Etat du Borno.