AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Muhammadu Buhari a été officiellement déclaré vainqueur de l’élection présidentielle nigériane très disputée, contre son principal concurrent, le président en exercice, Goodluck Jonathan, grâce à une avance de plus de 2,5 millions de voix.
«Muhammadu Buhari, du parti « le Congrès progressiste (ACP) », ayant satisfait aux conditions de la loi et obtenu le nombre de votes le plus importants, est par la présente déclaré vainqueur et élu» a annoncé, mercredi matin, le président de la Commission nationale électorale indépendante (CENI), Attahiru Muhammadu Jega, lors d’un point de presse.
Jega a déclaré que Buhari avait eu 15 424 921 voix sur un total de 28 587 564 votes valides lors de l'élection du mardi, tandis que son adversaire Jonathan n'en a obtenu que 12 853 162.
Il a ajouté que 844 519 votes ont été rejetés.
Le chef de la CENI a également assuré que Buhari a obtenu 25%, ou plus, des votes dans 27 Etats du Nigéria.
D’après la Constitution nigériane, pour être élu le candidat à une élection présidentielle, où plus de deux candidats sont en lice, doit obtenir le nombre le plus élevé de votes et pas moins d’un quart des votes effectués dans au moins deux tiers des 36 Etats du Nigéria, plus la capitale fédérale Abuja.
Buhari a remporté 21 Etats, tandis que Jonathan n’en a gagné que 15, plus Abuja, considéré comme un Etat durant les élections.
Jega a, par ailleurs, estimé le taux de participation à 52,2% des près de 56 millions d’électeurs qui ont récupéré leurs cartes de votes permanentes. ce qui donne environ 42,8% seulement des 68,8 millions d’électeurs enregistrés dans le pays.
Buhari a remercié le peuple nigérian de l’avoir choisi, lui et son parti de l’opposition, le Congrès progressiste (ACP), en lieu et place du Parti démocratique populaire (PDP) au pouvoir et de son chef, le président sortant Jonathan.
Le nouveau président a également appelé le peuple au calme.
Jonathan a, par ailleurs, concédé sa défaite et téléphoné, mardi en fin d’après-midi, à Buhari pour le féliciter, d’après le porte-parole de celui-ci.
Selon les lois nigérianes, les parties s’estimant lésées ont 30 jours à compter de l’élection pour contester devant les tribunaux le résultat du scrutin.
La cérémonie d’investiture du nouveau président nigérian aura lieu le 29 mai prochain, qui est également la date du transfert du pouvoir présidentiel depuis 1999.