AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Deux éminents chefs ont été enlevés vendredi, dans le Nord-est du Nigéria, par des éléments qui appartiendraient à Boko Haram, ont indiqué des sources militaires et locales.
« A environ 10h00 aujourd’hui, les émirs de Gwoza, Alhaji Idrissa Timta, et d’Uba, Alhaji Ismaila Mamza, ont été kidnappés, alors qu’ils se rendaient à Gombe pour l’enterrement de Alhaji Shehu Abubakar, émir de Gombe, décédé à Londres, jeudi » a déclaré une source militaire à l’Agence Anadolu (AA).
« Des signaux ont été envoyés à travers différents itinéraires pour des missions de sauvetage, alors que je vous parle. Les deux [émirs] sont des dirigeants de premier plan dans l’Etat de Borno » a ajouté le responsable militaire.
Une autre source présente au palais Alhaji décédé à Maiduguri a confirmé les enlèvements.
« Il y a une tension palpable au sein des deux communautés – même à l’émirat de Maiduguri – à cause du grave incident. Ils ont été kidnappés juste avant la ville de Shafa, sur le chemin pour les funérailles de l’émir de Gombe. »
Un habitant de Gwoza, Dauda Adamu, a indiqué que la nouvelle des kidnappings avait atteint la ville.
« Ce sont des nouvelles accablantes» a confié Adamu à Anadolu, ajoutant « Nous suspectons ces hommes de vouloir utiliser les émirs pour extorquer le gouvernement ou frapper un nouveau grand coup après l’enlèvement des écolières le mois dernier seulement.»
Le 14 avril, des éléments armés avaient assailli le lycée public pour jeunes filles de Chibok, situé en lisière de la forêt de Sambisa, repaire connu de Boko Haram – et avaient emporté un très grand nombre de jeunes filles dans leurs camions.
Les circonstances de l’enlèvement vendredi des deux importantes figures traditionnelles du Nord-est nigérian, ne sont pas encore claires ; aucun détail n’a été communiqué concernant de possibles blessés ou morts.
Les émirs sont de puissants personnages qui voyagent habituellement accompagnés de plusieurs conseillers et assistants, dont des agents de sécurité.
En tant que dirigeants de premier plan, ils ont droit à une escorte policière.
Ni la police, ni le gouvernement local de Borno n’ont émis de commentaire sur l’incident.