AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Le gouverneur de l’Etat d’Adamawa, dans le nord-est du Nigéria, Bala James Ngillari, a imposé un couvre-feu de 24 heures sur plusieurs villes de la région victimes d’attaques d’insurgés.
« A la suite de l’escalade de violence des insurgés, Ngillari a approuvé l’imposition immédiate d’un couvre-feu de 24 heures sur Mubi, Mararaba Mubi et Uba » a annoncé, jeudi, dans un communiqué, le Secrétaire du gouvernement d’Etat, Andrew Weyle.
«Les habitants sont conseillés de rester éloignés des routes et des lieux publics, exceptés ceux desservant des services essentiels» a ajouté le responsable gouvernemental.
Des habitants locaux et des sources militaires ont déclaré, mercredi, à l’Agence Anadolu (AA) que des insurgés lourdement armés avaient attaqué Uba et marchaient vers Mubi, causant plusieurs morts sur leur passage.
Mubi est située à environ 196 km de Yola, capitale provinciale d’Adamawa, un des trois Etat du Nord-est du Nigéria où un état d’urgence est en vigueur depuis 2013.
L’armée nigériane est, pour sa part, restée silencieuse concernant ces dernières attaques.
Cette dernière explosion de violence a surpris beaucoup de Nigérians étant donné qu’elle survient quelques jours à peine après l’annonce d’un cessez-le-feu avec le groupe d’insurgés armés extrémistes Boko Haram.
Le Chef d’Etat-major de la Défense, Alex Badeh, avait déclaré deux semaines auparavant que l'armée avait été ordonnée d’arrêter les opérations de lutte contre l’insurrection conformément aux dispositions de l’accord de cessez-le-feu entre le gouvernement et les insurgés.
Lundi, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Aminu Wali, avait confirmé le cessez-le-feu, déclarant que les négociations étaient en cours entre les insurgés et le Tchad.
Wali a également exonéré Boko Haram de la responsabilité de récents enlèvements et attaques.
Environ six millions de personnes ont été déplacées à travers la région du nord-est du Nigéria où le groupe armé extrémiste Boko Haram mène, depuis cinq ans, une sanglante insurrection.
L’organisation classée «terroriste» par les Nations Unies est également accusée de plusieurs attaques contre des lieux de culte, des institutions gouvernementales et de l’enlèvement de centaines de personnes, dont environ 276 lycéennes, en avril dernier.