AA/Maiduguri (Nigéria)/ Olarewaju Kola
Des insurgés suspectés d’appartenir au groupe armé extrémiste Boko Haram ont attaqué, mercredi, une prison de la ville de Mubi, dans le nord-est du Nigéria, et libéré des détenus, a rapporté une source militaire.
Des insurgés lourdement armés ont attaqué la ville d’Uba, dans le sud de l’Etat de Borno, et ont par la suite pris d’assaut Mubi, dans l’Etat d’Adamawa, attaquant un poste de police et le palais du chef traditionnel, Alhaji Isah Ahmadu, a déclaré la source à l’Agence Anadolu (AA) par téléphone.
« Nos soldats ont engagé des combats avec eux et nous sommes encore en train d’essayer de repousser l’attaque » a ajouté, mercredi soir, le responsable militaire.
D’après l’officier, les insurgés ont attaqué la prison de Mubi et libéré des détenus et, à partir de 10:00 (locale), mercredi, des tirs sporadiques pouvaient être entendus.
La source n’a cependant pas pu préciser la présence et le nombre éventuel de blessés ou de victimes.
«Les terroristes se sont positionnés dans différents lieux de la ville » a indiqué le militaire.
Une habitante locale, Grace Ojo, qui s’était enfuie, a affirmé qu’elle s’était cachée avec cinq autres personnes dans la brousse.
«Je ne peux pas parler plus fort, je suis au milieu de la brousse et j’ai peur qu’ils [terroristes] m’entendent si j’élève ma voix. Ils ont attaqué le palais de l’Emir, le poste de police et la prison » a indiqué, par téléphone, Ojo à Anadolu.
Un étudiant d’un Institut universitaire de Technologie, nommé Musa Jadda, a, pour sa part, déclaré que la confusion et le chaos régnait dans la ville.
«Tout le monde s’enfuit dans différentes directions. Il y a encore des coups de feu alors que je vous parle» a expliqué Jadda.
La ville de Mubi se trouve à 196 km de Yola, capitale provinciale d’Adamawa, un des Etats dans lesquels un état d’urgence est imposé depuis 2013.
En début du mois d'octobre courant, le gouvernement avait annoncé avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram.
Plusieurs attaques et enlèvements ont cependant été signalés depuis l’annonce.
Le Chef d’Etat-major de la Défense, Alex Badeh, a déclaré, à la mi-octobre, que l‘armée avait eu l'ordre d’arrêter les opérations de lutte contre l’insurrection conformément aux dispositions de l’accord de cessez-le-feu entre le gouvernement et les insurgés.
Lundi, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Aminu Wali, avait confirmé le cessez-le-feu, déclarant que les négociations étaient en cours entre les insurgés et le Tchad.
Wali a également exonéré Boko Haram de la responsabilité de récents enlèvements et attaques.
Boko Haram, organisation classée «terroriste» par les Nations Unies, mène depuis cinq ans une sanglante insurrection dans les Etats du nord-est du Nigéria.
Elle est également accusée de plusieurs attaques contre des lieux de culte, des institutions gouvernementales et de l’enlèvement de centaines de personnes, dont environ 276 lycéennes, en avril dernier.