Yaser Albanna
08 Mai 2016•Mise à jour: 09 Mai 2016
AA/ Al Qods
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a critiqué, dimanche, les déclarations du chef d'état-major adjoint Yaïr Golan, qui avait comparé la situation actuelle en Israël à celle qui prévalait en Europe et en Allemagne à la veille de l'Holocauste.
Netanyahu, dont les propos ont été rapportés par la radio publique israélienne, a qualifié de « scandaleuses» les déclarations de Golan, considérant qu’il s’agit d’une « atteinte à la mémoire de l'Holocauste ».
«Le chef d'état-major adjoint est un officier qui a des réussites à son actif, mais ses déclarations sont inacceptables », a ajouté le Premier ministre israélien.
Yaïr Golan avait appelé, dans la soirée du mercredi dernier, à un «examen de conscience national », lors des commémorations de l’Holocauste, suscitant une polémique en Israël. Certains responsables israéliens l’ont accusé de «fournir des prétextes aux ennemis d'Israël ».
«Ce qui me fait peur, au sujet de la commémoration de l'Holocauste, c’est de retrouver en 2016, en Israël, des indices des mêmes "processus nauséabonds" qui existaient en "en Europe en général, et plus particulièrement en Allemagne, il y a 70, 80, 90 ans », avait affirmé le chef d'état-major adjoint de l’armée israélienne.
Golan a appelé les soldats israéliens à utiliser leurs armes avec « le plus haut degré de responsabilité ».
«Il n'y a rien de plus facile que de haïr l'étranger, de susciter la peur, d'intimider, et de devenir bestial (…) A la mémoire de l'Holocauste, nous devons mener un débat sur notre capacité à extirper les germes de l'intolérance, de la violence, de la destruction de soi, et de la décadence morale », a-t-il ajouté.
Il a déclaré : « Ala mémoire de l'Holocauste, nous devons profondément réfléchir à la responsabilité de nos dirigeants et à la qualité de notre société, et sur la façon dont nous traitons, ici et maintenant, l'orphelin, la veuve, et l'étranger ».
Plusieurs responsables israéliens ont sévérement critiqué Golan, dont le ministre de l'Éducation, Naftali Bennett, qui a appelé le chef d’Etat-major adjoint à retirer ses propos, « avant qu’ils ne soient utilisés par les négationnistes ».
Pour sa part, la ministre israélienne de la Justice, Ayelet Shaked, a considéré que les déclarations de Yaïr Golan dénotent d’un « manque de compréhension et de mépris à l’égard de l'Holocauste ».
Le ministre des Finances, Moshe Kahlon a, lui aussi, condamné les propos de Golan.
Cependant, le chef de l'opposition travailliste, Isaac Herzog a salué les déclarations du chet d’état-major adjoint, louant son courage.
« Les fous qui ont commencé à hurler doivent savoir que c’est ce que nous appelons le sens de l’éthique et des responsabilités », a affirmé Herzog.
De son côté, Yaïr Golan, dont les propos ont été rapportés par le porte-parole de l’armée israélienne, a indiqué qu’il n’avait nullement l’intention de comparer [les pratiques de] l’armée israélienne avec les atrocités commises il y a 70 ans en Allemagne ».