AA/Islamabad (Pakistan)/ Aamir Latif
L’ancien président et chef d’Etat-major pakistanais, le Général Pervez Musharraf, a été autorisé jeudi, par décision de la haute Cour du Pakistan, à quitter le pays pour bénéficier d’un traitement médical à l’étranger, malgré les nombreuses actions en justice menées actuellement à son encontre.
Musharraf a été interdit de voyage à l’étranger pour les 15 prochains jours afin d’accorder un délai au gouvernement pour un possible appel du jugement auprès de la Cour suprême. L’ex-chef d’Etat pakistanais est en procès pour quatre affaires, dont la plus grave concerne une accusation de haute trahison.
Les juges Mohammad Ali Mazhar et Shahnawaz Tariq de la haute Cour de Sindh, dans le sud du pays, ont ordonné au gouvernement de retirer Musharraf de la liste des personnes interdites de sortie du Pakistan afin de lui permettre de suivre un traitement médical à l’étranger et de visiter sa mère malade à Dubaï.
Musharraf a affirmé avoir souffert d’une crise cardiaque quelques minutes avant de paraître devant un tribunal d'exception civil en janvier, à Islamabad ; il s’est porté absent à plusieurs comparutions devant les tribunaux, les mois suivants.
Les charges de «Haute trahison» sont en lien avec l'état d’urgence au Pakistan qu'il avait imposé en novembre 2007 et qui a été jugé inconstitutionnel.
L’ancien chef d’Etat-major des armées pakistanais avait pris le pouvoir présidentiel en 1999, en évinçant le Premier ministre Nawaz Sharif, et avait été forcé de quitter ses hautes fonctions de chef d’Etat en 2008, lorsque les deux principaux partis parlementaires avaient menacé de le destituer.
Musharraf est également inculpé pour le meurtre de l’ex-Première ministre, Benazir Bhutto en 2007, et de l’ancien ministre en Chef du Baloutchistan, Nawab Akbar Bugti, en 2006.