AA/Berlin/ Correspondants
Les combattants étrangers qui intègrent les rangs des organisations extrémistes au Moyen-Orient se font de plus en plus nombreux. Le phénomène a pris une dimension internationale et devient au centre du débat dans plusieurs pays. L’intérêt qu’on lui porte a encore grandi depuis que l’organisation de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) devenu « Etat Islamique » (EI) a gagné en pouvoir et a élargi ses zones de contrôle aussi bien en Irak qu’en Syrie.
Les correspondants de l’Agence Anadolu( AA)ont consulté les rapports officiels de plusieurs pays et les données fournies par des recherches spécifiques, ils ont, également, fait parler des experts pour préparer un dossier complet sur le sujet. Ce document s’intéresse à l’origine des «combattants étrangers» du Moyen-Orient , à leurs motivations mais aussi aux différentes politiques mises en place par les pays concernés pour contrecarrer ce phénomène et faire face à ses impacts potentiels sur la sécurité des pays.
Partie I
Avec ses 900 jeunes partis combattre dans le Moyen-Orient, la France est le pays qui exporte le plus grand nombre de combattants européens vers la Syrie et l’Irak, elle est suivie par la Grande Bretagne et l’Allemagne qui ont fourni, respectivement 500 et 400 combattants aux groupes armés en Syrie et en Irak.
La société de consultations internationales «the Soufan Group» dont le siège est à New York, a diffusé, en juin dernier, un rapport sur le sujet. Celui-ci révèle que 2500 ressortissants de pays occidentaux ont rejoint la Syrie pour participer à la guerre qui s’y déroule.
Le rapport relève, en outre, que les combattants de l’Organisation de l’EIIL ont, pour la plupart une moyenne d’âge entre 18 et 29 ans. L’organisation de «l’EI» précise le rapport, attire chaque jour des recrues de plus en plus jeunes qui intègrent le combat sans aucun entrainement militaire préalable. Le document souligne que la majorité des combattants occidentaux qui partent en Syrie et en Irak, le font après s’être convertis à l’Islam.
«l’accomplissement du devoir de défendre l’Islam», «le soutien aux organisations» dont ils sont sympathisants et le combat aux côtés de «leurs frères» telles sont les principales motivations qui poussent les combattants étrangers vers la Syrie et l’Irak.
le rapport d’Europol (Office Européen de Police) sur le terrorisme pour l’année 2014 relève que le nombre de ressortissants européens qui partent combattre en Syrie est en hausse continue. Europol attire, à ce propos, l’attention sur les menaces sécuritaires que seraient ces combattants à leur retour.
Selon des statistiques officielles allemandes le nombre de personnes qui ont quitté l’Allemagne pour rejoindre les combats armés en Syrie et en Irak s’élève 400 dont 100 sont déjà rentrés. L’âge moyen de la moitié de ces combattants ne dépasse pas 25 ans.
Certaines informations qui circulent affirment que vingt parmi ces combattants ont occupé des fonctions au sein de l’armée allemande.
Le ministère allemand de l’Intérieur estime à plus de 2000 le nombre total des combattants européens en Irak et en Syrie. Des rapports officiels annoncent que des centaines de ces combattants ont trouvé la mort là où ils sont et que certains autres, déçus, ont regagné l’Europe en dénonçant toutes les formes de violence.
Les services de renseignement allemands se chargent de surveiller les combattants revenus, considérés comme une menace sécuritaire pour le pays. D’un autre côté l’Allemagne tente d’empêcher les éventuels nouvelles recrues de partir vers les zones de guerre.
Le gouvernement allemand traite ce sujet, jugé épineux et délicat, avec beaucoup de précautions, le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maizière a déclaré qu’il était «inconcevable de considérer tous ceux qui reviennent d’Irak et de Syrie comme des terroristes potentiels tout autant que la mesure relative à l’interdiction à ces combattants qui rentrent d’accéder au territoire allemand l’est »( inconcevable).
Le nombre d’individus qui sont partis de France pour combattre aux côtés des Groupes de l’EIIL en Syrie et en Irak s’élève à 900 dont 332 en Syrie. Une dizaine sont déjà de retour en France . La majorité de ces combattants sont des hommes. Toutefois le nombre de femmes qui rejoignent les groupes armés au Moyen-Orient ne cesse d’augmenter.
Deux tiers des combattants partis de France portent la nationalité française. 20% parmi eux se sont convertis à l’Islam. La majorité de ceux qui décident de rejoindre l’Organisation de « l’Etat Islamique» ont été influencés, par la propagande diffusée par « l’EIIL » sur internet.
Le gouvernement français prend des dispositions sérieuses pour mettre fin à ce phénomène. Un projet de loi prévoit ainsi d’interdire à ceux soupçonnés de vouloir rejoindre les zones de combat de quitter l’espace Schengen et d’émettre de mandats d’arrêt internationaux contre ceux qui bravent cette interdiction. Le projet de loi prévoit, en outre, le renforcement du contrôle sur les sites web afin de démasquer les groupes extrémistes qui agissent à l’intérieur de la France.