AA/Berlin/ Correspondants
Les combattants étrangers qui intègrent les rangs des organisations extrémistes au Moyen-Orient se font de plus en plus nombreux. Le phénomène a pris une dimension internationale et devient au centre du débat dans plusieurs pays. L’intérêt qu’on lui porte a encore grandi depuis que l’organisation de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) devenu « Etat Islamique » (EI) a gagné en pouvoir et a élargi ses zones de contrôle aussi bien en Irak qu’en Syrie.
Les correspondants de l’Agence Anadolu( AA) présentent ce document qui s’intéresse à l’origine des «combattants étrangers» du Moyen-Orient , à leurs motivations mais aussi aux différentes politiques mises en place par les pays concernés pour contrecarrer ce phénomène et faire face à ses impacts potentiels sur la sécurité .
La Grande Bretagne
Le nombre de citoyens britannique partis en Syrie et en Irak pour le combat est d’environ 500 selon les chiffres officiels. Des experts affirment que le chiffre est plus important et qu’il atteint 750 ou plus.
On suppose, par ailleurs, que le membre de l’EIIL qui a procédé à la décapitation du journaliste américain James Foley était britannique.
Le gouvernement britannique a pris des dispositions pour empêcher les combattants en Irak et en Syrie de revenir en Grande Bretagne. Parmi ces dispositions une loi qui donne à la police le droit de confisquer les passeports des personnes dont l’implication dans les combats au Moyen Orient a été prouvée.
Des «imams» britanniques ont, en outre, émis une «Fatwa» qui incite les musulmans de Grande Bretagne à lutter contre « l’idéologie empoisonnée de l’Etat islamique ».
Le ministère belge de l’Intérieur estime que le nombre de ressortissants belges qui combattent en Syrie s’élève à 150. L’organisation «Sharia Belgium» qui a vu le jour en 2012 a fini par annoncer sa dissolution en octobre de la même année après les campagnes de la police belge contre elle et l’arrestation de certains de ses membres, soupçonnés d’envoyer des combattants en Syrie.
La peur de la population belge vis-à-vis du danger des combattants européens a augmenté depuis l’attaque du musée juif à Bruxelles en mai dernier. Mahdi Namouche, de nationalité française et auteur présumé de cette attaque s’est avéré selon l’enquête, ancien combattant ayant séjourné en Syrie pendant une année.
Le comité représentatif des musulmans de Belgique a diffusé, de son côté, un communiqué où il incrimine les combattants qui partent en Syrie.
C’est enfin sur une initiative belge que huit pays de l’Union Européenne ont décidé de prendre des dispositions pour empêcher les Européens de partir combattre en Syrie et en Irak.
Les Pays bas auront exporté, selon les services de renseignement néerlandais, environ 130 combattants vers la Syrie et l’Irak, dont trente sont revenus et 14 ont été tués.
Le gouvernement central néerlandais a pris, à ce propos, des dispositions sécuritaires telles le retrait des passeports des combattants revenus de Syrie et d’Irak. Il prépare par ailleurs un projet de loi où la pénalisation peut aller jusqu’au retrait de la nationalité pour les combattants des organisations terroristes.
Le gouvernement néerlandais prévoit également de former une unité spéciale relevant de la police, qui sera chargée de lutter contre les appels à la violence et l’incitation à la haine.
Lors de la réunion gouvernementale pour la discussion du projet de loi , le gouvernement a décidé d’appliquer une surveillance accrue sur les combattants qui reviennent de Syrie et d’Irak et de créer un centre spécialisé pour limiter l’orientation des jeunes vers l’extrémisme.
L’opposition néerlandaise a exprimé son soutien aux efforts fournis par le gouvernement dans ce cadre.
Vingt autrichiens ont été tués dans les zones de conflit en Irak et en Syrie. Le nombre total de combattants issus d’Autriche qui ont regagné la région du Moyen-Orient est, selon les chiffres officiels, à 130, dont des musulmans, des chrétiens et des juifs. La plupart d’entre eux sont d’origine étrangère et n’ont pas fait des études poussées, toujours selon les données officielles.
Pays scandinaves
Le nombre de personnes parties combattre en Syrie et en Irak en partance du Danemark s’élève à 100 dont onze ont été tués. Ces individus constituent une source d’inquiétude au Danemark notamment dans le cas où ils décident de rentrer.
En Norvège, la direction de la sécurité a annoncé qu’environ 50 ou 60 individus sont partis combattre en Syrie dont une vingtaine de femmes qui ont fini par revenir en Norvège.
Le départ de combattants des pays balkans ( Bosnie-Herzégovine, Kosovo , Albanie, Macédoine, Serbie) vers la Syrie et l’Irak est considéré par les autorités de ces pays comme un dossier prioritaire qui nécessite des mesures sécuritaires fermes.
Des unités spéciales de la police kosovare ont mené, le mois dernier, une opération sécuritaire ayant permis l'arrestation de 42 individus soupçonnés d’avoir combattu aux côtés des groupes armés du "Front Al Nosra" et de "l’Etat islamique". Le gouvernement kosovare a annoncé la mort de 16 de ses ressortissants dans les combats armés en Syrie et en Irak.
Le 3 septembre dernier la police bosniaque a mené une opération qui a permis d’arrêter 16 personnes accusées de financer le terrorisme et d’inciter à la formation de groupes terroristes.
Des chiffres non officiels indiquent que cent personnes ont quitté l’Albanie pour combattre dans les régions du conflit dans le Moyen-Orient
En Macédoine, des jeunes d’origine albanaises sont partis combattre en Syrie sans avertir leurs familles.
Compte tenu de la recrudescence enregistrée dans les pays balkaniques au niveau du nombre de leurs ressortissants qui choisissent de partir en Syrie et en Irak, les autorités de la Bosnie Herzégovine, du Kosovo, de la Macédoine ont émis une série de lois pour limiter ce phénomène.
Un amendement a, ainsi été apporté au droit pénal bosniaque, incriminant toute personne dont l’appartenance à des groupes paramilitaires ou la participation à la formation de tels groupes ont été prouvées, la peine de prison qu’ils encourent va d’un à dix ans.
En août dernier, et en application de la nouvelle loi pénale les forces de sécurité Kosovares ont arrêté 42 personnes accusées d’avoir fait partie d’organisations terroristes et d’avoir encouragé des conflits sectaires.
Il est également prévu que le parlement kosovare vote une autre loi qui incrimine l’acte de quitter le pays dans la perspective de prendre part à des combats.
En macédoine, la législation a également subi des ajustements en février dernier, la nouvelle loi incrimine le fait de rassembler des individus pour les envoyer combattre dans des pays étrangers.
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