AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Le Parlement nigérian a confirmé, mercredi, sept ministres récemment nommés par le président nigérian, Goodluck Jonathan, alors que des députés de l’opposition ont exprimé leur rejet de la décision en quittant l’hémicycle.
Le parti de l’opposition, le Congrès progressiste (ACP), a affirmé qu’un des ministres nommés par le Président, le sénateur Musiliu Obanikoro, a été surpris par un enregistrement alors qu’il conspirait pour truquer une élection récemment organisée dans l’Etat du sud-ouest du Nigéria, Ekiti.
Obanikoro a, pour sa part, nié les accusations.
L’opposition souhaitait que le Sénat mette en suspens sa confirmation en attendant qu’une plainte soit déposée contre le ministre.
Lors de l’examen des procédures, les dirigeants du Sénat ont écarté les protestations de l’APC et approuvé Obanikoro, à qui l’on a simplement demandé de «faire un salut de la tête et de s’éloigner» selon la tradition observée par tout ancien membre du Parlement nommé à un poste politique.
Obanikoro, comme les autres ministres nommés, appartient au Parti démocratique populaire (PDP) au pouvoir.
« Ce qui s’est passé [mercredi] est un abus de pouvoir et un manque de respect de la loi par les dirigeants du Sénat » a déclaré un chef de la minorité du Sénat, George Akume, lors d’un point de presse tenu après son départ du Parlement.
Les Nigérians devaient se rendre aux urnes le 14 février pour élire un président et les membres du Parlement fédéral, mais le processus a été reporté au 28 mars et 11 avril prochains, en raison, d'après les autorités, «de l’insurrection de Boko Haram dans la région du nord-est».
Un report vigoureusement décrié par l'opposition qui accuse le parti au pouvoir d'avoir fomenté "un complot" pour établir un gouvernement intérimaire dirigé par le président nigérian en exercice, Goodluck Jonathan.
Bien que quatorze candidats se présentent à la fonction ultime, le scrutin présidentiel est considéré comme une compétition menée uniquement entre le président actuel Jonathan et l’ancien dirigeant militaire du Nigéria, Muhammadu Buhari.