Bilal Müftüoğlu
10 Décembre 2016•Mise à jour: 11 Décembre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'opposition syrienne est prête à reprendre les négociations avec le régime syrien "sans pré-conditions" en vue d'une transition politique, a annoncé, samedi, Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères.
S'exprimant conjointement avec ses homologues allemand, Frank-Walter Steinmeier, américain John Kerry et qatari Cheikh Mohamed bin Abderrahmane Al-Thani, à l'issue de la Réunion ministérielle du groupe des pays affinitaires consacrée à la Syrie, tenue samedi au Quai d'Orsay, Ayrault a abordé les possibles moyens d'une reprise des négociations, après la dernière offensive du régime syrien à Alep.
"Le régime est en position de force à Alep", grâce à ses soutiens, a confié le chef de la diplomatie française, estimant toutefois que la reprise éventuelle de cette ville ne serait "une solution ni "la fin de la guerre" en Syrie.
Les pays affinitaires appellent de leur côté l'opposition syrienne, représentée au Quai d'Orsay par son leader Riyad Hijab, ainsi que le régime syrien et ses soutiens, à "rappeler leurs disponibilités pour négocier", notamment ce samedi à Genève, a estimé le ministre français.
Les ministres de ces pays ont, par ailleurs, convenu de trois urgences en Syrie, à commencer par l'urgence humanitaire à Alep, a fait savoir Ayrault, appelant encore à l'arrêt des bombardements et à l'acheminement de l'aide humanitaire.
La deuxième urgence serait celle "définir les conditions d’une vraie transition politique", a poursuivi le ministre français. Cette urgence "essentielle" aura pour but de reprendre les négociations afin d'aboutir à une "Syrie pacifiée et unie dans sa diversité".
La troisième urgence est la lutte contre le terrorisme, a insisté Ayrault, ajoutant toutefois que l'offensive du régime à Alep n'aide pas à éradiquer les groupes terroristes dans le pays. "La vraie bataille contre le terrorisme se joue pas à Alep mais ailleurs", a-t-il ainsi noté, donnant les exemples des batailles à Mossoul en Irak et à Raqqa en Syrie.
Le ministre français s'est également montré critique de la Russie, l'accusant de vouloir agir "seule" en Syrie et dans la région. La volonté de la Russie d'assurer la sécurité dans la région est "une responsabilité énorme", indiquant, "si elle veut le faire elle sera toute seule, elle n'aura pas notre soutien".
Abordant par ailleurs les plans de reconstruction de la Syrie, Ayrault a estimé que ces derniers imposeront la participation de toute la communauté internationale, en particulier de l’Europe. La France ne participerait pas à un tel engagement si "c’est pour sauver le régime" et si la "transition politique n’est pas engagée", a-t-il averti.