Bilal Müftüoğlu
30 Octobre 2015•Mise à jour: 31 Octobre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'intervention militaire russe en Afrique de l'Ouest contre Boko Haram, dans le cadre d'une lutte antiterroriste, reste "hypothétique" pour le moment, selon la France.
L'idée d'une éventuelle intervention des forces russes contre Boko Haram évoquée par des média à la suite d'une rencontre, lundi à Niamey, entre l'ambassadeur de Russie au Niger, Alexey Doulouy, et le président nigérien Issoufou Mahmoudou, n'est pour le moment qu'une "déclaration de soutien (de Moscou) à l'action des pays de la région contre le terrorisme", ont affirmé les sources diplomatiques françaises au Quai d'Orsay à Anadolu.
Estimant à cet égard qu'il serait "prématuré" d'évoquer une intervention russe imminente, le Quai d'Orsay a néanmois assené que "toute lutte antiterroriste contre Boko Haram serait bienvenue".
La France "appelle l'ensemble de la communauté internationale à se mobiliser", ont encore rappelé les mêmes sources, ajoutant que le Conseil de sécurité des Nations Unies, dont la Russie est membre permanent, avait adopté en juillet 2015 une déclaration présidentielle demandant à l'ensemble de la communauté internationale d'appuyer les efforts militaires des pays de la région pour lutter contre Boko Haram.
L’ambassadeur de la Russie au Niger avait préconisé en début de semaine la mutualisation des efforts pour mettre hors d’état de nuire le groupe armé qui sévit depuis plusieurs mois dans la région du Lac Tchad.
"Nous menons un combat parallèle en quelque sorte en Syrie, contre les forces du mal représenté par Daech", avait souligné Doulouy, faisant allusion à la récente intervention des forces russes en Syrie.
"On s’est mis d’accord avec le Président de la République [du Niger] qu’il faut essayer de joindre nos efforts, de coordonner et de développer la coopération dans la mesure du possible dans le domaine sensible de la sécurité, de la Défense pour mieux contrecarrer ces forces du mal", avait encore noté le diplomate russe.