AA/ Bagdad/ Adnen Jassem
Une source politique irakienne bien informée a affirmé que « les gouvernements de Bagdad et Erbil ont relancé les contacts en vue de coordoner leurs plans sécuritaires et leurs opérations militaires dans le nord du pays afin de venir à bout des groupes armés de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) ».
Dans une déclaration à Anadolu, la source a précisé, sous couvert d’anonymat, que « le conseiller du Premier ministre irakien pour les affaires de sûreté nationale, Faleh al-Fayadh, et le ministre des Peshmergas (armée du district du Nord de l’Irak), Mustafa Sayed Kader, ont eu depuis lundi des contacts, et ce, pour la première fois depuis juin dernier, quand l'organisation de l'Etat islamique en irak et au Levant (EIIL) s’est emparé de plusieurs zones irakiennes ».
Ces contacts ont pour objectif de former une seule unité de commandement pour lutter contre l’EIIL et les groupes armés qui lui affiliés, selon la même source.
Par ailleurs, la même source a précisé que « des médiations de l’intérieur et de l’extérieur, notamment de l’ambassade américaine et de la représentation de l’ONU à Bagdad, ont facilité la reprise des contacts entre les deux gouvernements d’Erbil et Bagdad dans l’objectif de mettre en commun leur forces militaires pour lutter contre l’EIIL ».
Aucun communiqué officiel n’a été délivré par le gouvernement de Bagdad ou celui d'Erbil, jusqu’à mardi 10 :40 GMT.
La tension entre le gouvernement fédéral et les autorités régionales kurdes à Erbil était montée d’un cran ces dernières semaines, après que les forces Peshmergas ont pris le contrôle de certaines régions du pays désertées par l’armée irakienne qui fuyait les attaques de l’EIIL, dont notamment la ville pétrolière de Kirkouk.
Durant les deux derniers jours, le groupe EIIL a progressé sur plusieurs zones de la province de Ninive, dans le nord de l’Irak, sous le contrôle des Peshmergas. Sans combats, des régions comme Sinjar et Rabiaa de la même province sont tombées entre les mains des groupes armés EIIL, après la débandade des Peshmergas.
Le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a ordonné lundi, de manière inattendue, à l’armée irakienne de l’air de fournir une couverture aérienne et un appui aux Peshmergas qui ont perdu du terrain dans la province de Ninive.
Dans un flash info de la chaine télévisée semi-officielle «Iraquiya tv», le porte-parole du bureau du Commandant en chef, le général Qassim Atta, a déclaré que « le Commandant en chef des forces armées a ordonné au commandement de l’armée de l’air de soutenir les forces Peshmergas contre l’EIIL ».
Le nord et l’ouest de l’Irak sont en proie à de grandes violences depuis que des groupes armés conduits par l'EIIL se sont emparés de la ville de Mossoul dans la province irakienne de Ninive, après le retrait de l’armée. Le même scénario s’est reproduit dans plusieurs provinces, notamment, à Diyala et à Salaheddine.
Alors que les leaders sunnites irakiens considèrent ces mouvements comme une «révolution populaire sunnite contre le gouvernement sectaire (chiite)», les autorités officielles les qualifient "d'attaques terroristes".