AA/Ndjamena(Tchad)/Abdouleye Adoum
Un accord de cessez-le-feu entre le Nigéria et Boko Haram "a bel et bien été" conclu, ont confirmé, lundi, à Anadolu, de hauts responsables tchadiens, sur fond de rumeurs de nouvelles attaques du groupe armé.
« L’accord a bel et bien eu lieu au Tchad entre les deux parties », a confirmé lundi à Anadolu, Moussa Mahamat Dago, secrétaire général du ministère tchadien des affaires étrangères.
L’affaire avait pris une tournure rocambolesque et les rumeurs sur la véracité de cet accord ont enflé depuis vendredi, d'une part parce que le groupe Boko Haram n’a pas confirmé ce cessez-le-feu, mais aussi à cause de nouvelles attaques perpétrées par le groupe armé depuis notamment dans le nord-est du Nigeria.
Dans un communiqué rendu public vendredi, le gouvernement tchadien avait reconnu avoir abrité, loin des media, des pourparlers entre le gouvernement Nigérian et Ahlou Souna Li Daawa Wal Djihad, connu sous le nom de Boko Haram, et qui ont mené à un cessez-le-feu entre les deux parties.
« C’est à la demande des deux parties que le Tchad a accepté le rôle de facilitateur et a abrité ainsi les premiers contacts qui ont eu lieu les 14 et 30 septembre derniers », a rapporté le dit communiqué.
Au cours de ces rencontres, « les deux parties ont accepté le principe de régler leur différend par le dialogue et convenu de poser quelques actes traduisant la bonne volonté de part et d’autre » a ajouté le communiqué.
Selon les autorité tchadiennes « il est encore trop tôt ou difficile d’avoir une copie dudit accord au Tchad, compte tenu de la sensibilité du sujet ».
« Seul le Ministre (des Affaires Etrangères du Tchad - NDLR) qui a pris part aux négociations peut en dire plus», a affirmé, à Anadolu, son Directeur de cabinet.
Vendredi, dans une déclaration aux médias, le coordinateur nigérian du centre national de l’information sur la lutte contre le terrorisme (gouvernemental), Mike Omeri, avait affirmé que « le gouvernement nigérian est parvenu à un accord avec le groupe Boko Haram prévoyant un cessez-le-feu et la libération de plus de 200 jeunes lycéennes enlevées depuis six mois dans la ville de Chibok dans l’Etat de Borno (nord-est du pays) ».
Cependant, jusqu'à lundi soir, les 200 lycéennes n'ont toujours pas été libérées et aucune déclaration du groupe armé n'a été enregistré à ce sujet.