AA/ Antananarivo(Madagascar)/ Alain Ilionaina
Le gouvernement malgache a indiqué, jeudi, ne pas être encore fixé sur la décision à prendre au sujet de l’ancien président Marc Ravalomanana, confiné à Antsiranana, dans l’extrême Nord de Madagascar.
« On va encore réfléchir (sur la période pendant laquelle le gouvernement compte confiner l’ancien chef de l’Etat). On ne peut pas se précipiter », a déclaré le Premier ministre Roger Kolo à la presse dans l’après-midi du jeudi. « Cela dépend de beaucoup de choses. Pour l’instant, c’est tout ce qu’on peut dire », a-t-il poursuivi alors que le Président actuel Hery Rajaonarimampianina n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.
Marc Ravalomanana a été emmené par les forces de l’ordre à Antsiranana quelques heures après son retour surprise lundi, après cinq ans d’exil en Afrique du Sud. Hery Rajoanarimampianina avait réfuté l’idée d’arrestation ou de détention derrière l’initiative gouvernementale en début de semaine. Le chef du gouvernement, avait évoqué un « projet d’assassinat » de l’ancien chef de l’Etat et de « déstabilisation du pays » pour justifier le geste de l’Exécutif.
Le Premier ministre tente de rassurer l’opinion et les partisans de Marc Ravalomanana sur les conditions dans lesquelles ce dernier se trouve. Roger Kolo a réitéré à la presse que l’ancien président se trouve dans un endroit « digne de son statut », à savoir la résidence présidentielle, au sein d’une base militaire. « Il y est en sécurité », conclut le chef du gouvernement alors que, d’après plusieurs témoins, l’endroit est fortement gardé par les éléments des forces de l’ordre.
Le clan de l’ancien président conteste pourtant la version du gouvernement. « Le président ( Marc Ravalomanana) se trouve en détention ( et non en résidence surveillée) si l’on se réfère à ces conditions », à confie Guy Rivo Randrianarisoa, porte-parole de la mouvance Ravalomanana à Anadolu dans la journée. Il n’a pas pu entrer dans la résidence pour rendre visite à son patron, contrairement à quelques membres de la famille de l’ancien chef de l’Etat. « Je n’ai pas pu y entrer. Les conditions sont drastiques », explique-il.
Les parlementaires du Tiako i Madagasikara (TIM), le parti de l’ancien président, avaient demandé une autorisation de manifester en plein centre-ville pour samedi. Mais la demande s’est heurtée au refus des autorités.
Mardi, la communauté internationale a déploré les conditions de retour de l’ancien président. Dans trois communiqués différents, l’Union africaine, l’Union européenne et les Etats-Unis ont en même temps lancé un appel au calme et à la réconciliation aux partis politiques. L’ancien président Didier Ratsiraka a également relancé l’idée d’une conférence au sommet entre les anciens dignitaires du pays dans le cadre d’une réconciliation nationale.
Alors que la session parlementaire s’ouvrira le 21 octobre, le TIM, qui dispose de 20 députés sur les 151 que compte l’Assemblée nationale, a déclaré son basculement dans l’opposition, après avoir soutenu le régime, conformément aux instructions de Marc Ravalomanana.
Marc Ravalomanana a quitté dans la précipitation le pays le 17 mars 2009, à la suite d’un mouvement de rue, abandonnant au passage le pouvoir. Il s’est exilé en Afrique du Sud. Pendant ce temps, la justice l’a condamné par contumace à plusieurs reprises dont l’une lui valait les travaux forcés à perpétuité pour complicité de meurtres dans une histoire de tuerie d’une trentaine de manifestants anti-régime devant le palais présidentiel le 7 mars 2009.