AA/ Kigali /Henri Demarie
La commémoration, mardi, du 21e anniversaire du génocide rwandais, a été marquée par un appel lancé par le président rwandais Paul Kagamé à la «cohésion nationale».
La cérémonie a débuté au site mémorial de Gisozi à Kigali devant plusieurs rescapés et autorités politiques et religieuses par le dépôt de gerbes sur quelques tombes puis l'allumage par le Kagamé de la flamme du souvenir qui brûlera durant les cent jours qu’a duré le génocide entre avril et juillet 1994 et qui a fait près d’un million de morts, essentiellement tutsis.
Un deuil national d’une semaine a également été décrété comme chaque année afin que les rwandais puissent se souvenir en paix de leurs proches disparus dans cette tragédie.
Cette 21ème commémoration s’est déroulée dans un contexte particulier, a rappelé Kagamé citant le fait que les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), une rébellion active dans l'est de la République Démocratique du Congo, continuent d'être une sérieuse menace pour la stabilité du pays des milles collines, le Rwanda frontalier.
Kagamé a par ailleurs réaffirmé sa détermination à « mettre tout en œuvre pour la cohésion nationale dans le pays ».
«Nous sommes prêts à défendre la paix dans notre pays et combattre tous ceux qui veulent encore nous plonger dans notre passé douloureux. Donc nous sommes prêts pour les deux c'est à dire promouvoir la paix et mener la guerre à tous nos ennemis», a-t-il fait savoir.
Certains rescapés, veuves et orphelins de cette tragédie disent commencé à tourner la page plus de deux décennies après le génocide.
"21 ans après je pense toujours à mon mari décédé et je prie toujours pour lui. J'ai également pardonné grâce aux différentes sensibilisations sur la réconciliation nationale" a ainsi déclaré Geneviève Uwurukundo, une veuve du génocide, rencontré par Anadolu.
Gratien Ndengabaganizi, un orphelin de cette tragédie, désormais enseignant dans une école secondaire affirme pour sa part "j'ai pardonné à ceux qui m'ont demandé pardon; et même à ceuxqui ne m'ont pas demandé pardon."
Le génocide a été déclenché au Rwanda le 7 avril 1994 après que l’avion présidentiel de l’ancien chef d’Etat rwandais Juvénal Habyarimana, a été abattu laissant tous les membres de l’équipage, le président burundais Cyprien Ntaryamira et ses proches pour mort.
Cet attentat a été suivi de massacres de grande ampleur contre les Tutsis et les hutus modérés.