Tarek Mohammed
03 Août 2017•Mise à jour: 03 Août 2017
AA/New York/Tarek Mohammed
Le Qatar a déposé une plainte contre l’Egypte auprès du Conseil de Sécurité et du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, l’accusant «de profiter de son adhésion au conseil pour des fins politiques».
Doha a indiqué que ces fins « n’ont aucun rapport avec la mission du Conseil de Sécurité et de ses comités et que le Caire adresse des accusations infondées contre le Qatar ».
Ceci a été indiqué dans un document écrit déposé par le Qatar auprès du Conseil de sécurité, vers la fin du mois dernier, et rendu public mercredi, portant la signature de la représentante permanente du Qatar à l’ONU, Sheikha Alya Ahmed Ben Saif al-Thani.
Aucune réaction n’a été recueillie de la part des autorités égyptiennes, concernant la teneur du document.
Ce dernier indique que « l’Egypte profite de son adhésion au Conseil de sécurité pour des fins politiques qui n’ont aucun rapport avec la mission du Conseil et de ses comités et affectent mal le processus de travail du Conseil et son rôle dans la préservation de la paix et de la sécurité internationales ».
Le même document, dont Anadolu a eu copie, souligne également que « le Qatar refuse catégoriquement toutes les accusations égyptiennes, prouvées comme fabriquées selon les rapports internationaux et les données des services secrets mondiaux crédibles, en plus des accusations qui s’inscrivent dans le cadre de la campagne orchestrée contre le Qatar et dont l’Egypte fait partie ».
«L’exploitation de l’Egypte de sa présidence du comité de lutte contre le terrorisme, au sein du Conseil de sécurité, pour réaliser des fins politiques et pour régler ses comptes avec certains pays, nuit à la crédibilité et à l’objectivité de ces comités », poursuit le document.
Selon la même source, le Conseil devrait mettre en garde contre les résultats engendrés par le soutien du régime au pouvoir en Egypte à des parties qui œuvrent à compromettre les consensus, la stabilité et les solutions politiques conclues à l’échelle internationale, suivant les résolutions du Conseil.
D’un autre côté, le Qatar accuse le régime égyptien de contribuer à « la préparation d’un terrain favorable au terrorisme et à l’extrémisme, en prétextant la lutte contre le terrorisme pour réaliser des objectifs politiques et mener des opérations militaires qui viole les résolutions du Conseil de sécurité, le droit international et les droits de l’Homme.
Le Qatar dit regretter cette situation, car l’Egypte, occupant le siège consacré aux Etats arabes au sein du Conseil de sécurité, instrumentalise cette lourde responsabilité pour porter atteinte à un pays arabe, ce qui détruirait la coopération entre les pays de la région, multiplie les défis qu’ils affrontent et affecte négativement l’instauration de la paix et de la stabilité dans ces pays.
A savoir que la Chine occupait la présidence périodique du Conseil de sécurité, au cours du mois dernier, au moment où le document avait été déposé, tandis que l’Egypte occupe ce poste pour le mois courant.
L’Arabie Saoudite, les Emirats, le Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, le 5 juin dernier. Les trois premiers pays ont imposé à Doha des restrictions, l’accusant de soutenir le terrorisme, chose qui a été fermement démentie par Doha.
Le 22 juin, les 4 pays ont élaboré une liste de 13 revendications, comprenant la fermeture de la chaîne al-Jazeera, une mesure refusée par Doha qui considère que ces revendications sont « irréalistes et irréalisables ».