AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc des Affaires Etrangères estime que «le programme d’entraînement de l’opposition syrienne n’est pas une solution suffisante en soi. Cela fait partie de la solution globale, mais croire que seul ce programme mettrait fin au conflit serait trop optimiste», a-t-il souligné.
Répondant aux questions de la chaîne de télévision turque privée A Haber, Mevlut Cavusoglu a déclaré que “le programme d’entraînement des opposants syriens avait débuté en Turquie et en Jordanie, et que les préparatifs en Arabie Saoudite et au Qatar allaient prochaînement prendre fin. C’est à Kırşehir (Anatolie centrale) que la Turquie accueille quelques centaines d’opposants syriens."
Quant à la protection des opposants lors de leur retour sur le territoire syrien, le ministre explique: “Depuis le début nous réclamons la création d’une zone tampon de sécurité, pour plusieurs raisons. D’abord pour éloigner Daech de notre frontière, mais aussi pour assurer le passage des opposants. Si la zone n’a pas de protection aérienne contre les bombardements du régime al-Assad, à quoi ce programme aura-t-il servi ? Nos discussions avec les Américains sur cette question se poursuivent. Nous avançons lentement. Le programme ayant déjà démarré il est nécessaire de prendre rapidement une décision.”
- Arrestation des camions du Renseignement à Adana
Le ministre Mevlut Cavusoglu, répondant aux questions liées à l’affaire de l’arrestation des camions appartenant aux services de renseignement turcs (MIT) à Adana, a rappelé qu’il s’agissait d’un complot visant à influencer la communauté internationale en accusant la Turquie de soutenir le terrorisme. Cavusoglu a déclaré que “la Turquie est un pays qui a toujours été actif dans la lutte contre le terrorisme, c'est le pays le plus actif dans la région notamment contre Daech".
Le ministre a affirmé par ailleurs que les informations selon lesquelles le porte-parole du Secrétaire Général de l’ONU Stéphane Dujarric avait rejeté toute forme de soutien militaire en Syrie, ne reflètent pas la réalité. "Ce sont des propos déformés indépendants de l’actualité en Turquie", a-t-il dit.
Concernant le sort de du président égyptien destitué, Mohamed Morsi, Mevlut Cavusoglu a démenti les informations selon lesquelles la Turquie lui aurait proposé la naturalisation. “Notre pays ne reconnaîtra jamais un régime issu d'un coup d’Etat. Mursi ne mérite pas la peine de mort. Nous l’affirmons clairement. Nous prônons une solution qui éviterait l’application de la sentence", a souligné le ministre turc.
Quant à la question de la reconnaissance des allégations arméniennes concernant les événement de 1915, le Ministre a affirmé "travailler sur les réponses à apporter aux pays allant dans ce sens", rappelant que la Belgique est dans ce processus. "Le gouvernement n’est pas en faveur de ces démarches contrairement à l’opposition, a-t-il dit, le rappel de notre ambassadeur [en poste dans le pays concerné] fait partie des réponses éventuelles si nécessaire".
Cavusoglu a par ailleurs, regretté l’exclusion de la députée bruxelloise Mahinur Ozdemir de son parti CdH et exprimé son vœu de voir cette affaire réglée de la manière la plus adéquate.