AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Les autorités nigérianes ont décrit mardi, la récente allégeance de Boko Haram au chef de l’EIIL comme un «acte de désespoir».
«[L’alliance] n’est rien d’autre qu’un acte de désespoir qui intervient à un moment où Boko Haram a subi de lourdes pertes» a déclaré, lors d’un point de presse à Abuja, le directeur du Centre national d’information sur la lutte contre le terrorisme, Mike Omeri.
«Boko Haram est sur le point d’être éliminé et aucun extrémiste étranger ne peut et ne changera ce fait aussi longtemps que l’armée nigériane continue à bénéficier de la coopération et de l’engagement des citoyens et des alliés» a ajouté Omeri.
Dans un message audio de près de dix minutes publié samedi, le chef présumé de Boko Haram, Abubakar Shekau, a prêté allégeance au chef de l’organisation terroriste EIIL, Abu Bakr al-Baghdadi.
L’année dernière, Boko Haram est passé d’un groupe d’insurgés perpétrant des attentats à une organisation capable de prendre le contrôle de villes entières dans le nord-est du pays.
Récemment ces rebelles ayant proclamé un «califat» dans le nord-est du Nigéria, ont commencé à multiplier les attaques dans des marchés très fréquentés.
« [Boko Haram] coule et il essaye de s’accrocher à n’importe quelle branche » a cependant estimé Omeri, «il n’y aura pas d’Etat islamique au Nigéria, le seul Etat qui existera est la République fédérale du Nigéria» a insisté le responsable.
Boko Haram est présenté comme un groupe armé extrémiste prêchant une version extrême de l’Islam, bien que plusieurs de ses membres arrêtés aient avoué que les chefs de l’organisation discouraient rarement sur l’Islam.
L'organisation, classée «terroriste» par les Nations Unies, mène depuis cinq ans une sanglante insurrection dans les Etats du nord-est du Nigéria.
Des dizaines de milliers de civils ont été tués et des dizaines de milliers d’autres déplacés dans la région du nord-est du Nigéria depuis le début de l’insurrection.