AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Le Nigéria a assoupli, mercredi, le couvre-feu de 24 heures imposé à la capitale de l’Etat de Yobe, Damaturu, dans le nord-est du pays, à la suite de la tentative, lundi, du groupe armé extrémiste Boko Haram de s’emparer de la ville.
«A partir de mercredi, le couvre-feu s’étendra quotidiennement de 18:00 à 07:00 » a annoncé, mercredi, dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement de Yobe, Abdullahi Bego.
Bego a précisé que le réexamen du couvre-feu intervient à la suite de la réunion du gouverneur Ibrahim Geidam avec des responsables des agences sécuritaires.
Le gouvernement a imposé, mardi, un couvre-feu de 24 heures sur Damaturu, tandis que les forces de sécurité s’étaient déployées dans la ville pour repousser les insurgés.
«A l’avenir, le couvre-feu sera encore réexaminé sur les recommandations des chefs des agences d'application de la loi » d’après le porte-parole gouvernemental.
«La population est priée de bien vouloir respecter les nouveaux horaires du couvre-feu. Le gouverneur exhorte également les habitants à soutenir et coopérer avec les agents de sécurité dans leurs efforts pour assurer la paix et la sécurité dans l’Etat » a ajouté Bego.
Les trois Etats les plus touchés par l’insurrection, Adamawa, Borno et Yobe, ont été placés sous état d’urgence depuis mai 2013.
La période d’état d’urgence avait pris fin deux semaines auparavant mais le Parlement nigérian rechigne à approuvé une demande du président Goodluck Jonathan de prolongation de la mesure.
Le fait que le gouvernement provincial de Yobe impose et revoit officiellement le couvre-feu signifie que l’armée n’est plus en charge des affaires comme cela était le cas lorsque l’état d’urgence était encore appliqué sur les trois Etats, a noté le correspondant de l’Agence Anadolu (AA).
Boko Haram contrôle, actuellement, environ douze zones rattachées à des Conseils locaux et plus de cinquante villes et villages à travers les trois Etats du nord-est du pays.
Des centaines de civils ont été tués et des dizaines de milliers d’autres déplacés dans la région du nord-est du Nigéria depuis le début de l’insurrection lancée par cette organisation, classée «terroriste» par les Nations Unies.