AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Le Médiateur de l’ONU dans la crise burundaise, Said Djinnit, a annoncé qu'il renonce à sa mission de médiateur au Burundi.
Doublement récusé par l’opposition et la société civile, lui reprochant une certaine partialité en faveur du gouvernement, le médiateur du dialogue entre le gouvernement burundais et l'opposition, a annoncé, mercredi à la presse, avoir pris acte de la position des parties prenantes au Burundi et renoncé à son rôle de médiateur. Il demeure cependant Envoyé spécial de l’ONU dans la région des Grands Lacs.
Il a, en outre, remercié l’ensemble des parties burundaises «pour le mandat de facilitateur qu’elles lui ont confié le 5 mai 2015 ainsi que pour la coopération dont elles ont fait montre au cours du dialogue mené en toute impartialité et dont les résultats ont été remontés au Sommet de la Communauté des pays de l’Afrique de l’Est et aux Instances des Nations Unies».
Said Djinnitt a également rencontré, mercredi, les membres des corps diplomatiques accrédités à Bujumbura pou faire le point sur le dialogue qu'il a facilité à compter du 5 mai 2015, à la demande des parties burundaises qui avaient arrêté, elles-mêmes, l'ordre du jour et la liste des participants.
Il a, au demeurant, appelé les acteurs de la scène politique burundaise à «poursuivre le dialogue, en vue de garantir des conditions propices à la tenue d'élections 'libres, inclusives et apaisées'».
Appelant à la sauvegarde des acquis de l’Accord de Paix et de Réconciliation d’Arusha ( 28 Août 2014 en Tanzanie), cadre essentiel de la paix au Burundi, Djinnit a exhorté toutes les parties burundaises de s'abstenir de tout acte susceptible d'accroître la tension et de générer des actes de violence.
Le départ de Said Djinitt intervient à un moment où le dialogue entre le gouvernement, l’opposition et la société civile au Burundi est au
point mort depuis près de deux semaines.
La situation politique et sécuritaire empire jour après jour au Burundi. La semaine dernière, deux responsables de la Commission électorale nationale indépendante «Ceni», à savoir, la Vice-présidente et la chargée des questions financières, ont fui le pays vers le Rwanda.
Le nouveau calendrier électoral annoncé par la Ceni et validé par le président Nkurunziza : le 29 juin pour les législatives et communales, le 15 juillet pour la présidentielle et le 24 juillet pour le scrutin sénatorial, ne cesse d’alimenter les tensions.
Depuis plus d’un mois, le Burundi vit au rythme des manifestations populaires ayant jusque-là fait au moins 49 morts, un exode massif vers le Rwanda et un coup d’Etat manqué, le 13 mai dernier.
L’opposition et la société civile dénoncent la candidature de Pierre Nkurunziza un à un troisième mandat présidentiel «inconstitutionnel», alors que Nkurunziza argue qu’il en est à son deuxième, puisqu’en 2005, il a été élu par le parlement et non au suffrage universel, a-t-il expliqué.
La Constitution burundaise limite à deux le nombre des mandats successifs auxquels un candidat à la Présidentielle peut prétendre.