Enes Kaplan,Ayşe Betül Gedikoğlu
18 Janvier 2017•Mise à jour: 19 Janvier 2017
AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que le FETO coopère avec l'organisation terroriste PKK, notant que ses membres infiltrés dans la police et l'armée facilitent l'action des organisations terroristes et soulignant que "le FETO sera éradiqué de toute manière".
Erdogan s'exprimait, mercredi, lors d'une réunion avec des membres de " l'Association de l'Union dans la Justice" au palais présidentiel, à Ankara.
Il est longuement revenu sur l'organisation terroriste parallèle FETO qui a mené une tentative de coup d'Etat, le 15 juillet 2016, en Turquie.
"Le soutien que nous avons apporté à la Justice pour qu'elle lutte contre les putschistes et les partisans de la junte [...] a été utilisé par les membres du FETO pour ouvrir la route à leurs propres militants. Cette situation a sérieusement nuit à la lutte que nous menons contre les putschistes et les partisans de la junte", a-t-il déclaré.
Il a également commenté les affaires du 17-25 décembre 2013, [qui impliquait des écoutes illégales et des accusations de corruption] dans lesquels le FETO était également compromis.
"Certains considèrent que l'affaire du '17-25 décembre' comme mon problème personnel. Pourtant, c'était le dévoilement indéniable du FETO qui a essayé de s'emparer de l'appareil judiciaire", a-t-il lancé.
"Tenter de renverser le gouvernement légitime afin de prendre le contrôle de l'état en utilisant des militants infiltrés à l'intérieur de la Justice et de la Police est une 'tentative de renverser l'ordre constitutionnel', soit un coup d'Etat. L'affaire du '17-25 décembre' est une tentative de coup d'Etat. Nous avons fait face à cette tentative grâce à la position forte du gouvernement et des cadres politiques, et surtout, grâce au soutien fort du peuple",a-t-il dit.
Erdogan a ajouté que l'organisation terroriste FETO a voulu réaliser son objectif, qu'elle n'a pas réussi avec ses membres infiltrés dans la Justice et dans la Police, par le biais de ses membres impliqués dans les Forces armées turques du 15 juillet.
Enfin, le président turc a conclu en indiquant que : "Le limogeage des membres du FETO n'a pas compliqué les choses, mais a facilité [beaucoup de tâches]. Les témoignages de nos citoyens abondent dans ce sens. Le limogeage des membres du FETO de la fonction publique n'a ni causé de dommages, ni ralenti les affaires. Au contraire, des travaux très difficiles et qui méritent d'être félicités ont été accomplis de manière brillante, telle que l'opération qui a permis d'arrêter l'auteur de l'attaque terroriste d'Istanbul perpétrée la nuit de Nouvel An."
- L'affaire du 17-25 décembre 2013
Un réseau de l'organisation terroriste FETO, dirigée par le mouvement de Fethullah Gulen, personnalité religieuse en exil volontaire aux Etats-Unis, aurait infiltré l'Etat turc afin de renverser le gouvernement.
Des fonctionnaires proches de ce mouvement auraient pris part à la surveillance téléphonique illégale de plusieurs personnalités en Turquie, dont les téléphones protégés des hauts dirigeants de l'Etat. C'est ainsi que des accusations de corruption impliquant des ministres, auraient émergé en décembre 2013.
En outre, des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs et des employés de la police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre 2013, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour de tels buts d'espionnage.