Nazlı Yüzbaşıoğlu
16 Mai 2018•Mise à jour: 16 Mai 2018
AA - Ankara
"Le Conseil de sécurité des Nations Unies est en crise" a déclaré, Helen Clark, ancienne première ministre néo-zélandaise (pendant trois mandats), en marge du 21 ème Festival International de Film de Femme qui se tient actuellement dans la capitale turque, Ankara.
S’adressant à Anadolu au sujet des événements survenus, lundi, à Jérusalem, Clark, présidente du Programme des Nations Unies pour le développement pendant huit ans et candidate au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 2016, a souligné la profonde crise dans laquelle se trouve le Conseil de sécurité.
"L’une des raisons (de la crise) réside dans le fait que nous sommes actuellement dans une sorte de guerre froide. Nous constatons l’inefficacité du Conseil de sécurité face à la crise syrienne et biens d’autres sujets sérieux similaires".
"Je partage la préoccupation internationale découlant de la décision de retrait des États-Unis de l’accord du nucléaire -approuvé par le Conseil de sécurité des Nations Unies- avec l'Iran", a-t-elle aussi assuré.
"Il y a une décision du Conseil de sécurité, et l'une des parties se retire avec un veto. C’est un très mauvais signe. Les États-Unis ont bloqué, par veto, à l’ONU une demande d’enquête indépendante sur les événements survenus lundi à Jérusalem", estime l'ancienne chef du gouvernement de Nouvelle Zélande.
"C'était une mauvaise journée. Des gens ont été tués, trois mille personnes ont été blessées. Mais le Conseil de sécurité n'a pas été autorisé à y répondre. Il s’agit là d’une crise. Cette crise se révèle avec un simple veto de l’un des cinq membres permanent du Conseil de sécurité. D'un autre côté, il y a des questions cruciales que le Conseil de sécurité ne parvient pas à traiter efficacement. C’est une crise", a-t-elle affirmé.
- "Les femmes turques sont la preuve que tout est possible"
Indiquant que les femmes sont confrontées à de nombreuses situations différentes, Clark a souligné l’existence, dans de nombreux pays, de lois discriminatoires à l’égard des femmes.
"Certaines femmes ne peuvent choisir leur époux et n’ont que très peu d’initiative sur leur vie", a t-elle rappelé.
Selon Clark, il est difficile pour les femmes, aux vues des circonstances actuelles, de devenir leader mondial.
"Dans le monde il y a seulement 7% de femmes présidentes et 5% de premières ministres. Autrement dit, nous avons encore un long chemin à faire", a-t-elle souligné.
Clark a raconté avoir rencontré de merveilleuses femmes turques pendant l’exercice de ses fonctions et notamment lors de la présidence au Programme des Nations Unies pour le développement.
"J'ai une impression très positive à propos des femmes turques. La Turquie est l'un des rares pays où une femme est devenue première ministre. Cela s'est passé une fois, j'espère que cela se produira une fois de plus. Parce que les jeunes femmes turques sont la preuve que tout est possible".