AA - Genève - Nur Gülsoy
L'antisémitisme est une notion étrangère au peuple turc, a déclaré le vice-Premier ministre turc Bulent Arinc.
Arinc s'est exprimé à la 21ème session du groupe de travail d'Examen Périodique Universel (EPU) du Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies (ONU), mardi à Genève.
"Il n'y a jamais eu d'hostilité envers les juifs en Turquie, a déclaré le vice-Premier ministre. L'antisémitisme est une notion étrangère au peuple turc. En effet, les territoires turcs ont accueilli les juifs qui ont fui l'oppression, tout au long de l'Histoire. Les discours antisémites sont hautement condamnés et les avancées judiciaires et administratives nécessaires sont faites."
Arinc a assuré que "les citoyens turcs membres des communautés minoritaires non musulmanes disposent des mêmes droits et libertés que le reste des citoyens turcs, et profitent également des droits que leurs octroie le Traité de Lausanne. Dans ce cadre, ils disposent de leurs propres écoles, lieux de culte, fondations, hôpitaux et organes de presse."
Selon le vice-Premier ministre, les citoyens non musulmans peuvent librement organiser leurs cérémonies religieuses.
"Depuis le premier tour d'examen, plusieurs lieux de culte ont été réparés, beaucoup d'églises ont été réouvertes au culte après leur restauration", a précisé Bulent Arinc, donnant aussi des détails sur le progrès réalisé dans le domaine de l'éducation.
"Les manuels scolaires du ministère de l'Education nationale ont été révisés et les expressions qui pourraient mener à la discrimination ont été supprimées, a-t-il poursuivi. Un amendement de la réglementation en 2012 a permis l'accueil d'élèves étrangers dans les écoles de minorités. Les manuels scolaires en langue arménienne préparés par le ministère ont été gratuitement distribués dans les écoles arméniennes. L'école primaire grecque de Gokceada a été réouverte."
Par ailleurs, Bulent Arinc a souligné: "Nous sommes déterminés quant à notre engagement concernant l'ouverture de l'école théologique de l'île Heybeli", l'un des sujets problématiques de la Turquie liés à son adhésion à l'Union européenne.
"Nos efforts se poursuivent pour une solution permanente et durable, a nuancé Arinc. Notre pays fait des avancées positives sur l'octroi du permis de travail au personnel religieux étranger, sans revendiquer le principe de réciprocité inscrit cependant dans le Traité de Lausanne, et les représentants des minorités grecques s'affirment réjouis. "
Le vice-Premier ministre a aussi assuré que la Turquie a fait des avancées pour la population alévie, notamment en terme de manuels scolaires.
Il est prévu que le groupe de travail de l'EPU édite et adopte le rapport sur la Turquie le mercredi 28 janvier. Le groupe de travail de l'EPU aura ainsi examiné une deuxième fois, la situation des droits de l'Homme en Turquie qui avait passé son premier examen le 10 mai 2010.
La session d'examen actuelle qui a débuté le 19 janvier pour évaluer 14 pays dont la Turquie, se terminera le 30 janvier.
L'EPU avait été créé en 2008 par le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies (ONU). C'est un processus régulier où les pays membres de l'ONU évaluent, en compagnie des organisations de la société civile, la situation des droits de l'Homme dans un des pays membres.