AA - Berlin - Bilal Muftuoglu
''Nous ne pouvons pas exclure la possibilité d'armer d'autres groupes'', a annoncé le président du groupe de l'Union chrétienne-démocrate et de l'Union chrétienne-sociale (CDU/CSU) au Bundestag ( parlement allemand), Volker Kauder, à l'égard du soutien allemand au PKK dans le cadre de la lutte contre l'EIIL.
Kauder s'est exprimé sur le site web Spiegel Online à propos du plan d'action de l'Allemagne vis-à-vis de la lutte contre l'EIIL pour souligner que son pays y contribue en livrant l'aide humanitaire en Irak et en assurant une formation militaire des kurdes.
Interrogé sur la possibilité de livrer des armes à des groupes kurdes à part les peshmergas, Kauder a indiqué que le soutien à d'autres organisations est possible, tout en ajoutant que cela n'aura lieu qu'en coopération avec la Turquie.
Soulignant qu'il est conscient des problèmes entre le PKK et la Turquie, Kauder a cependant affirmé que l'inaction face à l'avancée de l'EIIL le long de la frontière turco-syrienne ne résoudra pas les problèmes actuels.
''Les livraisons d'armes présentent évidemment des risques, nous ne pouvons pas garantir à 100% la destination et l'usage éventuels de nos armes. Pourtant, la menace de l'EIIL sera plus grande si nous n'arrivons pas à entraver leur avancée'', a lancé Kauder.
Concernant le fait que le PKK est considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne, le président du groupe CDU/CSU a souligné que toutes les parties, dont la Turquie, devront poursuivre le processus de résolution (de la question des minorités en Turquie dont les kurdes) . ''Pour le moment, le plus grand danger est l'EIIL'', a-t-il ajouté.
Interrogé également sur sa critique récente de la politique de la Turquie au Bundestag, Kauder a déclaré qu'il apprécie les aides proposées par le gouvernement turc aux réfugiés syriens. L'homme politique allemand a cependant ajouté que cela serait inacceptable si ''la Turquie n'empêchait pas le transit des provisions aux combattants de l'EIIL à travers sa frontière'' et si ''les positions du PKK sont effectivement bombardées, comme le rapportent certaines sources médiatiques''.
L'Allemagne devra urgemment aborder ces sujets avec la Turquie, son partenaire au sein de l'OTAN, a affirmé Kauer.
''Nous devons aider à une solution compte tenu de nos obligations dans le cadre de l'OTAN'', a-t-il précisé.