Zuhal Demirci
06 Juin 2020•Mise à jour: 06 Juin 2020
AA - Ankara- Ümit Dönmez
Le porte-parole du Ministère turc des Affaires étrangères a rejeté samedi les allégations formulées par l'Égypte contre Ankara concernant la Libye.
"Nous rejetons les accusations infondées du ministre des Affaires étrangères d'Égypte, Sameh Shoukry, faites contre la Turquie dans le contexte de la Libye lors de la réunion du 4 juin 2020 du groupe restreint des ministres des Affaires étrangères de la coalition mondiale pour la défaite de DAECH/ISIS", a déclaré Hami Aksoy, dans un communiqué du ministère.
Aksoy ajouté que la réponse appropriée a été apportée par le diplomate turc présent à cette même réunion :
"En fait, le Vice-ministre turc des Affaires étrangères, l'ambassadeur Sedat Önal, a donné la réponse nécessaire au ministre des Affaires étrangères d'Égypte lors de la réunion."
Le porte-parole a ajouté que le "putschiste Khalifa Haftar et ses alliés", y compris l'administration égyptienne, sont les véritables obstacles à la paix en Libye, avec leurs tentatives de renverser le gouvernement légitime et d'établir un régime autoritaire, faisant référence à la tentative de coup d'État du général renégat en Libye.
"Il n'est pas surprenant que ceux qui sont au pouvoir par un coup d'État soutiennent un putschiste", note Aksoy en référence au coup d'Etat militaire contre Mohammed Morsi, élu démocratiquement à la suite au "Printemps égyptien".
Le président destitué était décédé l'année dernière dans une prison égyptienne.
"Le soutien militaire que l'Égypte fournit depuis des années au putschiste Haftar constitue une violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies.", a ajouté Aksoy.
Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères rappelle également le combat de la Turquie contre le groupe terroriste Daech, mené notamment en Syrie et en Libye :
"La Turquie, seul pays à neutraliser des milliers de terroristes en menant une lutte au corps à corps sur le terrain contre DAECH en Syrie, maintiendra son soutien au gouvernement légitime en Libye à la demande de cette dernière et conformément aux résolutions des Nations Unies", a insisté Aksoy.
Depuis avril 2019, les milices du général putschiste, Khalifa Haftar tentent de s'emparer par la voie militaire du pouvoir dans le pays, causant la mort de plus d'un millier de personnes dans les attaques.
En mars dernier, le Gouvernement libyen a lancé l'opération "Tempête de la Paix" afin de contrer les attaques contre Tripoli et a récemment regagné des emplacements stratégiques, notamment la base aérienne d'Al-Wattia et la ville de Tarhouna, deux événements considérés comme de sérieux revers pour les forces de Haftar.
La Libye est plongée dans le chaos politique depuis la chute du défunt "Guide de la Révolution libyenne", Mouammar Khaddafi, suite à l'opération "Harmattan" mené par la France dans ce pays.
En 2015, le Gouvernement d'entente nationale (GNA) a été instauré suite à un processus politique mené sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies., avec Fayez al-Sarraj nommé comme Premier ministre de la Libye.