AA/ Tunis/ Adel Thabti
Ghannouchi a nié l'existence de remous au sein de son mouvement en réaction à sa participation "symbolique" au nouveau gouvernement.
"Il n’ya pas de colère mais plutôt des divergences de vues. C’est pas nouveau au sein du mouvement. Ennahdha n’est pas une boite fermée mais plutôt des tendances et des avis qui foisonnent", a-t-il fait savoir, faisant remarquer que "les décisions du mouvement sont prises par voie de la Choura et à la majorité".
Ghannouchi s’est abstenu de tout commentaire sur les informations relayées par certains médias sur des efforts qu’il a déployés auprès de la nouvelle direction saoudienne en vue de réconcilier entre les parties antagonistes en Egypte.
"Nous aspirons à ce que l’Arabie saoudite, destination privilégiée des musulmans, sous la conduite de son nouveau roi, serviteur des deux saintes mosquées, assume un rôle conciliateur en Egypte, dans la région et en Syrie en vue de mettre fin à l’effusion de sang et de rassembler les différentes parties autour d’une même parole".
"La positiion du Royaume, son rôle et son poids dans la ragion, sont autant de facteurs qui habilitent l'Arabie saoudite à accomplir au mieux cette mission sacrée", a souligné Ghannouchi.
" Nous sommes émus par les évènements qui se déroulent en Egypte et nous souhaitons que le peuple égyptien parvienne à sortir de cette crise", a-t-il espéré.
"Pas de place à l’exclusion. L’exclusion ne résout pas le problème", a insisté Ghannouchi, soulignant que "la seule et unique issue pour la région face au chaos et au désordre total, étant d’œuvrer en vue d’un consensus entre les forces principales dans chaque pays", a soutenu Ghannouchi.
Ghannouchi a saisi l’occasion pour dénoncer l’exécution du pilote jordanien Maad Al Kasasbah, brûlé vif par l’EIIL.
"L’exécution du pilote est un acte abominable. Il s’agit d’un antécédent qui n’a pas jamais eu dans l’histoire de l’Islam", s’est-il indigné, soulignant que "le patrimoine religieux et intellectuel musulman ne recèle aucune mention à ce type d’atrocités".
"Ce sont des idées insolites et étranges", a-t-il estimé, exhortant "les ulémas, les chefs et les institutions religieux à assumer leur pleine et entière responsabilité en vue de contenir la doctrine extrémiste et de diffuser la culture du juste milieu."
"La pensée extrémiste ne produit pas une Nation", a-t-il soutenu.
"Si consensus il ya a, ça doit être sur la base de la modération, du pluralisme idéel, dans le cadre de l’unité de la Nation et de l’appartenance à l’Humanité tout entière", a plaidé Ghannouchi.
Traitant de la crise libyenne, Ghannouchi a fait état "d’une lueur d’espoir découlant du projet de médiation onusienne largement acceptée par les deux parties au conflit", formulant le souhait de voir "une telle initiative ouvrir de nouvelles perspectives pour une réconciliation à même de mettre fin à l’effusion de sang dans ce pays."
Sur l’avenir du processus politique en Tunisie, le leader du mouvement Ennahdha a affirmé que "lors des quatre années écoulées, l’expérience tunisienne est restée fidèle à sa démarche consensuelle, en dépit des soubresauts et des entraves", saluant à ce propos "les tunisiens pour avoir réussi à éviter le pire"
"Notre grand souhait étant que les Tunisiens poursuivent l’expérience consensuelle. Aujourd’hui, le parlement instaure les attributs de ce consensus entre deux tendances antagonistes pendant un demi-siècle.", a souhaité Ghannouchi.
"Aujourd’hui, les jalons de ce consensus sont bel et bien mis en place », a-t-il assuré.
"Notre grand souhait étant de voir ce consensus aboutir à la formation d’un gouvernement puissant capable de réaliser les objectifs de la révolution, notamment le développement escompté par les tunisiens, tous les Tunisiens », a conclu Rached Ghannouchi, leader de la deuxième force politique du pays.