AA/Gaza/Ola’a Atallah
Ismail Haniyeh, vice président du bureau politique du mouvement Hamas a révélé, vendredi, que «des responsables égyptiens ont confié à des interlocuteurs du mouvement que le verdict émis par la justice égyptienne et classant Hamas «organisation terroriste» n’a pas été adopté à un niveau politique».
S’exprimant lors du prêche du vendredi, à la mosquée al-Qatiba à l’ouest de la ville de Gaza, Haniyeh a déclaré que son mouvement a eu durant les derniers jours des pourparlers avec le secrétaire général de la Ligue des Etats Arabes, Nabil al-Arabi, et avec des responsables égyptiens et palestiniens dans le but de «calmer les esprits» et de maîtriser les effets générés par le verdict du tribunal égyptien contre Hamas.
Il a, en outre, précisé, que des responsables égyptiens dont il n’a pas précisé l’identité ont déclaré au mouvement Hamas que la décision du tribunal égyptien n’a pas été adoptée à une échelle politique.
Les Autorités égyptiennes n’ont, jusqu’à 11:40 GMT vendredi, pas commenté la décision juridiciaire prise à l’encontre de Hamas répétant, toutefois, que la justice égyptienne est «indépendante».
Un tribunal égyptien avait émis samedi 28 février 2015 un verdit classant le mouvement Hamas "organisation terroriste", un verdict dénoncé par nombre de factions palestiniennes et jugé «politisé» par Hamas.
Haniyeh a rappelé l’attachement de Hamas à ne pas faire d’ingérence dans les affaires internes d’aucun pays arabe et notamment de l'Egypte «pays frère et ami» a-t-il précisé ajoutant que son mouvement ne joue aucun rôle militaire ou sécuritaire au Sinaï (nord-est de l’Egypte) ni dans aucune ville d’Egypte.
Dans un autre propos Haniyeh a jugé la décision de la Conseil central de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) de suspendre toute coopération sécuritaire avec Israël "juste et allant dans le bon sens".
Il a toutefois mis en garde contre le détournement éventuel de la décision ou sa non application.
Le Conseil central de l’OLP avait décidé jeudi à l’issue d’une série de réunions sur deux jours à Ramallah d’arrêter toute coopération sécuritaire avec Israël.
Se prononçant au sujet des affaires internes de la Palestine Haniyeh a déclaré que la réconciliation est pour Hamas un «choix national» et la division «une exception» notant que la réconciliation «est actuellement titubante». Il a relevé à ce propos que l’aboutissement de la réconciliation dépend de l’application de tous ses articles et des accords signés et demeure tributaire de la volonté politique de l’Autorité (palestinienne), du rassemblement des rangs en interne et de l’engament effectif des préparatifs pour des élections législatives et présidentielles.
Le 23 avril 2014 les mouvements Fatah et Hamas (les deux plus grandes factions de la scène politique palestinienne) ont signé après sept années de discorde et de division un accord de réconciliation qui prévoit la formation d’un gouvernement de consensus pour un mandat de six mois et l’organisation ensuite d’élections législatives et présidentielles et d’un Conseil national.
Cependant tous ces accords n’ont pas réussi à voir le jour et le gouvernement d’union nationale n’a toujours pas pris ses fonctions dans la Bande de Gaza
Les habitants de la Bande de Gaza (environ 1,9 million) souffrent de conditions économiques et sanitaires difficiles à cause notamment, du blocus imposé depuis 2007 par Israël sur l’enclave palestinienne.