AA / Ahmed Aziz
L’Algérie a décidé lundi, de fermer ses frontières terrestres avec la Libye, à titre provisoire, à cause de la recrudescence de la tension sécuritaire sur le sol libyen, selon une source sécuritaire algérienne.
La source, qui s’exprimait sous couvert de l’anonymat, a indiqué que «le ministère algérien de l’Intérieur a décidé, à une heure tardive de la journée du dimanche, la fermeture des frontières terrestres communes avec la Libye et l’interdiction de la circulation des personnes et des produits entre les deux pays».
« Entrée en vigueur lundi, la décision concerne quatre passages frontaliers (Debdeb, Djanet, Fort Tarat, Tinalkoum), tous situés dans la province d’Illizi (Sud-est de l’Algérie), a précisé la même source.
« La décision a été prise à titre provisoire et sera sujette à révision à la lumière de l’évolution de la situation sécuritaire en Libye», a encore dit la source.
Aucun commentaire n’a pu être recueilli de la part des autorités algériennes au sujet de ces déclarations.
La décision de fermer les frontières entre l’Algérie et la Libye intervient à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire en Libye au cours des dernières semaines.
Rappelons que les frontières terrestres de l’Algérie avec le Maroc sont fermées, également, depuis 1994. Une décision prise par Alger, suite au visa imposé à ses ressortissants par Rabat qui avait accusé les services algériens d’être impliqués dans un attentat qui avait ciblé un hôtel dans la ville de Marrakech.
L’Algérie a déployé, depuis jeudi dernier, 40 mille soldats tout au long de ses frontières communes avec la Libye, d’une longueur de 1000 Km, après l’obtention d’informations en vertu desquelles des groupes "jihadistes" proches d’Al-Qaïda planifiaient des attaques contre l’armée algérienne.
L’Algérie a rapatrié vendredi, également, son ambassadeur en poste à Tripoli après que le diplomate ait fait l’objet d’une tentative de kidnapping dans la capitale libyenne.
La ville de Benghazi vit, depuis vendredi dernier, au rythme d’accrochages armés entre des forces partisanes du général à la retraite Khalifa Haftar d’une part, et des combattants parmi les révolutionnaires et des éléments d’obédience islamique d’autre part, qui relèvent de l’état-major de l’armée, dans une tentative de prendre le contrôle de la ville.
Les combats ont fait 75 morts et 136 blessés selon le ministère libyen de la Santé.
Dans la capitale Tripoli, les milices « al-Kaakaa et Essawaek » (La Foudre) ont tenté dimanche, de prendre d’assaut le siège du Parlement, selon le Secrétaire général du ministère libyen de la Défense Khaled Chérif, qui a affirmé que les «insurgés» ont été repoussés.
La Libye est le théâtre d’une détérioration sécuritaire sans précédent, depuis la chute du régime du colonel Kadhafi en 2011 à cause, notamment, de la prolifération des armes aux mains de groupes armés qui échappent à l’autorité centrale du pouvoir actuellement en place.