Mona Saanouni
30 Septembre 2017•Mise à jour: 01 Octobre 2017
AA/Erbil (Irak)/Ali Sheikho
L’Administration du District du Nord de l’Irak a appelé le gouvernement de Bagdad et l’Organisation des Nations Unies à lever l’embargo aérien imposé sur les aéroports d’Erbil et de Soulaimaniye, à la suite de la tenue du référendum de sécession illégitime.
L’Administration du District a qualifié, dans un communiqué, la décision de l’embargo, de «punition collective », et de «décision politique anticonstitutionnelle », appelant le gouvernement de Bagdad à « ne pas ajouter cette sanction à la liste de ses sanctions financières imposées durant les quatre dernières années ».
Elle a souligné que cet embargo pourrait avoir des répercussions négatives sur la guerre contre l’organisation terroriste Daech, ainsi que sur les réfugiés et le commerce.
Le porte-parole du gouvernement du District du Nord de l’Irak, Safeen Dizayee, a indiqué, dans un communiqué publié tard dans la soirée du vendredi, que «l’exécution de cette décision est une punition collective et un siège collectif » contre les habitants du District.
Il a noté que «les aéroports du District, depuis le jour de leur construction jusqu’à ce jour, ont travaillé en vertu de la constitution et des lois en vigueur. Ils ont obtenu plusieurs lettres de remerciement et d’appréciation de la part de l’Autorité de l’aviation civile irakienne, qui ont été fiers d’eux ».
Il a expliqué que «les équipes de contrôle appartenant au gouvernement irakien ont effectué plusieurs visites de supervision aux aéroports (d’Erbil et de Souleimaniye) ».
L’interdiction de vols est entrée en vigueur, hier vendredi, après que les autorités du District ont rejeté la demande du gouvernement de Bagdad concernant la remise des aéroports d’Erbil et de Souleimaniye au gouvernement fédéral.
Le gouvernement irakien a pris ces mesures en réponse au référendum de sécession illégitime tenu par le District, lundi dernier.
Dizayee a noté que « cette décision entrave les visites récurrentes des malades et des blessés au cours de la guerre contre Daech en dehors du pays».
«Cette décision entrave le chemin des milliers d’habitants du District qui ont du commerce à l’étranger. C’est une violation des droits civils et humains basiques tels que se déplacer et voyager facilement et naturellement », a-t-il ajouté.
Le référendum s’est tenu dans le District et dans d’autres régions contestées, lundi dernier, malgré le refus international et régional, et malgré l’affirmation de Bagdad que ce pas est anticonstitutionnel.
Bagdad affirme que le référendum est anticonstitutionnel, et qu’il prendra toutes les mesures nécessaires pour imposer l’autorité de l’Etat dans le District en vertu des lois en vigueur dans le pays, tandis que plusieurs autorités régionales et internationales se sont opposées au référendum.