AA/Nairobi (Kenya)
Le président kényan, Uhuru Kenyatta, a promulgué, vendredi, un projet de loi sur la sécurité ayant provoqué une vive controverse chez l’opposition qui a qualifié certains de ses amendements de «draconiens ».
Le projet de loi a été adopté, jeudi, par l’Assemblée nationale du Kenya lors d’une séance parlementaire mouvementée.
La séance de l’assemblée– qui a été marquée par une bagarre générale entre députés opposés et favorables aux amendements – a dû être ajournée deux fois avant que le Parlement ne se décide finalement à adopter le projet de loi.
Des députés s’opposant aux amendements avaient demandé au président de l’Assemblée un délai supplémentaire pour pouvoir les étudier.
Lorsque leur requête a été refusée, ils ont commencé à scander des slogans et à jeter des papiers sur le sol, forçant le président à ajourner la séance.
A la reprise de la séance, peu de temps après, tous les représentants des médias ont été expulsés du Parlement.
Des informations ont alors circulé concernant l’éclatement d’une bagarre physique générale entre députés opposés et favorables aux amendements proposés.
Deux députés, Boniface Khalwale et Johnston Muthama, sont, par la suite, sortis du bâtiment du Parlement, avec leurs vêtements déchirés. Au moins l’un deux portait les traces d’une blessure à la main.
« En raison du malheureux incident [à l’Assemblée], hier, plusieurs Kényans ont été privés de la possibilité de suivre le processus parlementaire » a déclaré Kenyatta lors d’un discours télévisé.
« J’exhorte, par conséquent, tous les Kényans de prendre le temps de lire et de comprendre cette loi que je viens juste de promulguer. Je suis convaincu que vous ne trouverez rien dans cette loi qui va à l’encontre de la charte des droits ou de tout autre article de la Constitution » a affirmé le cehf d’Etat kényan.
Les amendements ayant créé la polémique devrait faciliter les écoutes téléphoniques par le gouvernement et la détention sans charges de suspects, pour une période allant jusqu’à un an.
Le gouvernement affirme que les amendements proposés pour le projet de loi sur la sécurité permettront au Kenya de lutter contre le terrorisme.
Un député, Abdulswamad Shariff Nassir a, pour sa part, critiqué l’adoption des amendements par le Parlement.
«Le 18 décembre 2014 est un point noir dans l’histoire du Kenya. Le règlement du Parlement a été ignoré et le projet de loi sécuritaire controversé a été brusquement adopté. La bataille est loin d’être finie. La prochaine étape du combat est de s’adresser aussi bien aux tribunaux judiciaires que populaires » a expliqué Nassir.
Plusieurs personnalités des médias et de groupes de défense des droits humains ont également critiqué les amendements.